Actualisé 12.10.2016 à 17:59

France

Présidentielle: Hollande envoie un signal clair

Le chef de l'Etat esquisse sa stratégie pour la campagne présidentielle de 2017 dans l'hebdomadaire «L'Obs».

1 / 38
La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

Keystone
Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

Keystone/AP
L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, lors de son discours où il reconnaît sa défaite lors du second tour de la primaire de gauche. (29 janvier 2017)

L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, lors de son discours où il reconnaît sa défaite lors du second tour de la primaire de gauche. (29 janvier 2017)

Keystone/AP

Le chef de l'Etat, dont les sondages prédisent l'élimination au premier tour, ébauche un inventaire de son quinquennat pour mieux défendre son bilan face aux propositions de la droite. «L'interview à L'Obs, c'est 'je suis prêt'. Il envoie un signal très clair», explique à Reuters le député socialiste Sébastien Denaja, très actif dans la préparation de sa campagne.

François Hollande plantera un autre jalon en novembre, sans doute le 2, avec un discours à tonalité économique et sociale. Après celui du 8 septembre salle Wagram à Paris , dont la tonalité régalienne visait surtout Nicolas Sarkozy, ce prochain discours «sera la trame de ce que serait une campagne face à Juppé», précise Sébastien Denaja.

Blanc bonnet et bonnet blanc

A la veille du premier débat télévisé entre les candidats à la primaire de droite, François Hollande refuse, dans L'Obs, de distinguer entre son rival de 2012 et le maire de Bordeaux. Les sept candidats à la primaire de droite «portent tous le même programme», dit-il. Et ce «programme commun de la droite» consiste «à revenir sur des droits et des principes qui ont mis des décennies pour être conquis».

«La droite est dans la revanche, la réaction et la régression», insiste François Hollande, qui tente d'imposer l'idée que la présidentielle sera l'opposition de deux visions.

Pour Sébastien Denaja, une victoire d'Alain Juppé à la primaire ne serait pas nécessairement moins favorable à François Hollande, car le maire de Bordeaux ne pourra rallier les partisans de M. Sarkozy qu'au prix d'une «droitisation», sans garantie d'ailleurs de réussir.

Selon des parlementaires socialistes, le chef de l'Etat a en revanche donné consigne à des proches de ménager son ex-ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, tenté par une candidature en 2017, pour préserver les chances de réconciliation.

Mea culpa

Dans son interview à «L'Obs», François Hollande esquisse un mea culpa sur les aspects les plus critiqués de son quinquennat. «Je suis lucide sur ce qui a pu être compris ou contesté, j'en ai tiré les leçons», assure-t-il.

De même que Nicolas Sarkozy avait invoqué en 2012 la crise de 2008-2009, il rappelle qu'il n'avait inscrit à son programme ni le vote de lois contre le terrorisme, ni l'état d'urgence, ni l'envoi de forces armées en Afrique ou au Moyen-Orient.

«Ce sont les circonstances qui en ont décidé», dit-il. «Je n'avais pas prévu d'augmenter le budget de la Défense, de la police, de la gendarmerie. Mais aurais-je dû renoncer à protéger les Français ? (...) Non, évidemment.»

Il reconnaît aussi n'avoir pas assez mesuré la dégradation de l'industrie française. Mais il réfute les «procès en trahison», jure avoir mené une «politique de gauche» et invite à comparer ses résultats avec les propositions de la droite.

Des acquis à défendre

«N'attendons pas que la droite dure défasse ce que nous avons bâti pour défendre les acquis d'une gauche supposée trop molle», déclare-t-il. Les Français «vont pouvoir comparer non pas ce que j'ai fait à l'aune de ce que j'avais promis (mais) avec ce que proposent ceux qui prétendent nous remplacer.»

S'il sonne l'alarme face à la montée de l'extrême droite, il juge que sa «diabolisation n'a plus d'avenir»: «C'est sur sa politique et ses conséquences qu'il faut aller la chercher.»

Selon un membre du premier cercle de ses amis, des proches sont déjà attelés à la confection d'un programme, qui se concentrera sur «cinq ou six grands défis» face auxquels il «faut être adaptable».

«Ce qui compte maintenant, c'est de préparer l'avenir (...) dans des domaines comme la recherche, l'enseignement supérieur, la culture ou les nouvelles technologies», dit notamment le président, pour qui «la jeunesse doit rester le grand chantier.» (nxp/ats)

Le rôle central de Twitter

La politique est un sujet phare pour les utilisateurs de Twitter France : c'est pourquoi la plateforme américaine compte «jouer un rôle central» dans l'election présidentielle française, a expliqué mercredi le patron de Twitter France, Damien Viel.

Les Twittos - près de 19 millions sur tous les écrans, plutôt des hommes, plutôt jeunes et au revenu élevé - sont souvent passionnés de politique: 58% suivent des comptes de personnalités ou de formation politiques, dont 22% régulièrement, et 36% leur écrivent, dont 12% régulièrement, indique un sondage Harris Interactive paru mercredi.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!