Serbie: Présidentielle: les principaux candidats
Publié

SerbiePrésidentielle: les principaux candidats

Outre le favori Aleksandar Vucic, se présentent entre autres deux libéraux, un ultranationaliste et un candidat burlesque.

L'ultranationaliste Vojislav Seselj, acquitté en 2016 par le TPIY d'accusations de crimes de guerre, reste un adepte des provocations qu'il a mises au service du nationalisme serbe dans les années 1990. (Photo d'archives)

L'ultranationaliste Vojislav Seselj, acquitté en 2016 par le TPIY d'accusations de crimes de guerre, reste un adepte des provocations qu'il a mises au service du nationalisme serbe dans les années 1990. (Photo d'archives)

AFP

Onze candidats sont en lice pour la présidentielle dimanche en Serbie, dont le grandissime favori Aleksandar Vucic, un ultranationaliste, ainsi que deux libéraux pro-européens et un candidat burlesque.

- Aleksandar Vucic, 47 ans

Avant d'effectuer en 2008 un virage libéral et pro-européen qui lui a ouvert le chemin du pouvoir, le Premier ministre serbe fut un faucon ultranationaliste, ministre de l'Information de Slobodan Milosevic durant la guerre du Kosovo (1999), protégé du héraut de la Grande Serbie Vojislav Seselj. Durant les guerres des Balkans des années 1990, ce géant était interdit d'entrée sur le territoire de l'Union européenne. Aujourd'hui, il négocie l'adhésion de son pays. Patron incontesté du Parti serbe du progrès (SNS, centre droit) et de son pays, il dit: «Je ne cache pas que j'ai changé... J'en suis fier». Ses adversaires lui reprochent son autoritarisme, son rejet de toute contradiction et ses accents populistes. Il moque leur incapacité à contester son leadership faute de soutien populaire.

- Vojislav Seselj, 62 ans

Lui n'a pas changé. L'ultranationaliste, acquitté en 2016 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) d'accusations de crimes de guerre, reste un adepte des provocations qu'il a mises au service du nationalisme serbe pendant les conflits des années 1990 en ex-Yougoslavie. Corpulent, grand, il a été libéré en 2014 après 12 ans de détention. Finalement acquitté, il est revenu en politique, prônant une alliance avec la Russie et l'abandon de toute adhésion à l'UE, dont il a fait brûler le drapeau, comme ceux des Etats-Unis et de la Croatie. Admirateur du président américain Donald Trump après avoir été celui du tribun de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen, il a expliqué qu'il érigerait un mur pour empêcher tout afflux de migrants: «C'est ce que vous faites si votre frontière est menacée (...) et si les barbelés ne suffisent pas, vous mettez des champs de mines».

- Sasa Jankovic, 46 ans

Candidat indépendant soutenu par le Parti démocratique (centre gauche), il a entamé sa carrière comme journaliste, avant de devenir fonctionnaire. Nommé médiateur de la République en 2007, il y a bâti sa notoriété et sa popularité parmi les classes moyennes urbaines et libérales, en critiquant l'action des autorités. Il entend «rendre son sens à l'institution du président». Un deuxième tour serait «un premier pas», dit-il.

- Vuk Jeremic, 41 ans

Candidat malheureux au poste de secrétaire général des Nations Unies, très proche du président libéral pro-européen Boris Tadic (2004-2012), ce physicien de formation et intellectuel surdiplômé estime que son pays «doit mieux faire», car «un grand nombre de gens vivent mal et sont extrêmement déçus». Favorable à l'intégration à l'UE, ce descendant du côté de sa mère d'une dynastie de politiques communistes yougoslaves de Bosnie a également incarné, quand il était ministre des Affaires étrangères de Tadic (2007-2012), l'intransigeance serbe sur le Kosovo.

- Luka Maksimovic, 25 ans

Cet étudiant en communication incarne un personnage fictif, Ljubisa Preletacevic, alias «Beli» («Blanc»), qui a obtenu le parrainage de 13'000 électeurs lui permettant de se présenter. Maniant une loufoquerie à la «Borat», il fait jeu égal dans les sondages avec les principaux rivaux d'Aleksandar Vucic. Ce phénomène illustre pour beaucoup la déliquescence de la classe politique serbe, qui ne se renouvelle guère et vit sous le soupçon de la corruption. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion