Hockey - LNA: «Presque l'impression de ne jamais avoir arrêté»
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Hockey - LNA«Presque l'impression de ne jamais avoir arrêté»

Christophe Bays a retrouvé la lumière, après plus d'un an et demi de doute. Le gardien de 25 ans mesure la chance qu'il a de pratiquer son métier de hockeyeur.

par
Robin Carrel
Genève
Christophe Bays a enfin rejoué.

Christophe Bays a enfin rejoué.

Keystone/Gaetan Bally

Nous sommes le 27 janvier 2015. Genève-Servette affronte Fribourg Gottéron, avec Christophe Bays devant son filet. Les Aigles s'imposent 5-4 après la prolongation, grâce à un but de Jonathan Mercier après 52 secondes de temps supplémentaire. Ce soir-là est à marquer d'une pierre blanche, pour le dernier rempart qui a fait ses classes juniors du côté de Lausanne. Pas parce qu'il a arrêté près de 91% des pucks qui lui avaient été adressés, mais parce qu'il s'agissait-là de sa dernière partie avant une longue traversée du désert.

Car entre cette victoire et les 23 arrêts réussis à Langnau le 18 octobre dernier (défaite 2-1 du GSHC à l'Ilfis), près d'un an et demi s'est écoulé sans que le cerbère de 25 ans ne remette un patin sur la glace en match officiel. Bays a été blessé aux deux hanches, a dû être opéré, suivre une longue rééducation, a rechuté… Bref, autant dire que le champion de Suisse 2013 de Ligue nationale B avec le LHC a connu l'enfer pendant plus d'une année et demi.

«Même pas nerveux»

«Ça ne m'a rien fait de particulier. Je n'étais même pas nerveux, tellement j'étais content de reprendre la compétition, a analysé le gardien de 1m84 avec sa bonhommie habituelle, à sa sortie de l'entraînement, jeudi. J'ai pris beaucoup de plaisir. J'avais presque l'impression de ne jamais avoir arrêté! Dès que je suis arrivé sur la glace, tous les automatismes sont revenus. C'était cool de voir que je n'avais rien perdu de tout ça. J'ai joué 60 minutes l'autre jour et j'étais même mieux à la fin qu'il y a trois ou quatre ans. Je sais mieux gérer un match aujourd'hui qu'à l'époque.»

Ces mois de galère ont forcément fait douter celui qui a porté en tout une vingtaine de fois le maillot grenat en Ligue nationale A, depuis son arrivée surprise du LHC en 2014. «Des doutes? Oh oui, j'en ai eu… Tous les jours… Et j'en ai encore maintenant. Mais voilà, quand on a la chance de faire du hockey pour gagner sa vie, et bien tu es prêt à sacrifier beaucoup de choses à côté, à prendre ton mal en patience pour essayer de rejouer», a-t-il dit avec le sourire de celui qui vit son rêve de hockeyeur tous les jours.

Il a pensé à arrêter

L'homme est désormais blindé. Depuis un peu plus d'une année et demi, il a connu le pire de ce que peut vivre un sportif de haut niveau: les blessures et la longue incertitude quant à la possibilité de rejouer un jour au sport qu'il adore. «J'ai beaucoup appris sur la vie, a-t-il concédé. Je me suis rendu compte de la chance que j'ai et j'ai arrêté de me plaindre au moindre bobo. J'essaye aussi de profiter un maximum, parce qu'on ne sait jamais quand ça peut s'arrêter.»

S'arrêter, justement, Bays y a pensé: «Oui et je l'ai dit. Je pensais finir la saison et stop. Mais voilà, ça fait partie des hauts et des bas. Quand tu es en bas, tu as toutes les pensées négatives qui viennent. Et quand ça va un peu mieux, tu as l'impression que tout roule.» Mais qu'est-ce qui a bien pu le remettre sur les rails? «Chris McSorley m'a offert un contrat, alors que je n'avais pas fait le moindre match de toute la saison. Quand j'ai vu qu'il croyait en moi, qu'il avait confiance dans le travail que l'on faisait avec les médecins et avec Sébastien Beaulieu (ndlr: l'entraîneur des gardiens), je me suis dit que je ne pouvais pas cracher dessus et tout envoyer balader. J'ai signé et je me suis dit que j'allais tout tenter jusqu'au bout.»

Rendre la confiance

Le bout, justement, ce sera au minimum à la fin de la saison en cours, ou celle d'après, puisqu'il a une option dans son contrat pour prolonger le plaisir jusqu'en 2018. Mais ne voudrait-il pas plutôt jouer régulièrement quelque part en LNB, plutôt que de faire office de remplaçant dans l'élite?

«C'est une bonne question. Ça dépend des objectifs que chacun se fixe. Avec ma santé, je pense que je dois d'abord voir si le corps tient le choc, avant de penser à être No 1 quelque part. Ici, je suis bien entouré, ils sont nombreux autour de moi, les médecins me connaissent bien… Donc pourquoi pas rester ici et progresser. L'objectif est de jouer un peu plus souvent si la santé suit. Robert Mayer va très bien et je serai là pour lui permettre de se reposer lors des grosses semaines à trois matches qui arrivent, si on a besoin de moi.» Et rendre la confiance qui lui a été accordée.

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