Fin du taux plancher: Pression accentuée avec les décisions de la BNS
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Fin du taux plancherPression accentuée avec les décisions de la BNS

L'abandon du taux plancher de l'euro et surtout les taux d'intérêts négatifs ont accentué la pression sur les caisses de pensions.

Selon la commission de haute surveillance de la LPP, le rendement des placements reste insuffisant. Des adaptations sont nécessaires.

Tout en précisant que l'organe qu'il préside ne fait pas de politique, Pierre Triponez (PLR/BE) a apporté son soutien à la réforme prévue par le Conseil fédéral. La proposition de diminuer le taux de conversion du capital en rentes pour la partie obligatoire (actuellement fixé à 6,8%) est «techniquement indispensable», a dit l'ancien conseiller national mardi lors d'une conférence de presse.

Garanties trop élevées

Les rentes versées continuent d'être calculées sur la base de garanties relativement élevées, a-t-il fait valoir. Actuellement, les promesses d'intérêts au moment du départ à la retraite atteignent en moyenne 3,4% (parts obligatoire et surobligatoire prises ensembles). Elles dépassent de 0,5% en moyenne les taux techniques.

La situation s'est détériorée, selon le rapport annuel de la commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (LPP). En 2012, le pourcentage de caisses sans garantie étatique à avoir une promesse d'intérêts de 3,5% ou plus était de 68%. Il a chuté à 40% à fin 2014.

Pour les caisses avec une garantie de l'Etat, la part est passée de 87% à 84%. Or les rentes trop élevées ne peuvent plus être réduites après coup, mais doivent être financées via les cotisations des patrons et des employés.

Amélioration provisoire

Seul aspect réjouissant, la couverture des institutions de prévoyance s'est améliorée l'an dernier. Le rendement net de la fortune a atteint de 6,8%, contre 6,2% en 2013.

Le taux de couverture des 1802 caisses sans garantie étatique, qui représentent une somme de bilan cumulée de 716 milliards, était de 113,5% (110,8% un an plus tôt). Neuf institutions sur dix présentaient un taux de plus de 100%. Du côté des 43 caisses avec garantie de l'Etat (106 milliards), la couverture atteignait 86,1% (80,4%).

Placements risqués

Mais si la phase actuelle de taux d'intérêts extrêmement bas voire négatifs devait se prolonger, il faudrait s'attendre à une détérioration significative, a averti le directeur du secrétariat de la commission Manfred Hüsler. Les placements plutôt sûrs comme les obligations de la Confédération ne pourront plus guère contribuer au rendement ces prochaines années.

Les institutions de prévoyance sont donc poussées à faire des investissements plus risqués. Selon la commission, il leur appartient de décider si elles sont prêtes à encourir ces risques ou si elles veulent adapter leurs prestations et leur financement.

Quant aux institutions avec garantie étatique dont le taux de couverture est encore inférieur à 80%, elles devront revoir leur planification à long terme. Les promesses d'intérêts sont en effet très généreuses.

Dollar plus important

La baisse de l'euro face au franc en soit n'a qu'un effet limité. Les placements en devises non couverts contre les risques de change ne représentent que 17% du total. De plus, les caisses de pension sont exposées aux fluctuations d'autres devises, surtout le dollar qui s'est fortement apprécié depuis janvier, a expliqué la vice-présidente de la commission Vera Kupper Staub.

Les décisions prises en janvier par la Banque nationale n'ont pas changé fondamentalement la situation mais accentué les problèmes. Les réserves de fluctuation nécessaires pour couvrir les stratégies de placement n'ont toujours pas été reconstituées pour la plupart des institutions de prévoyance. Résultat: elles ne sont pas suffisamment préparées à affronter de nouvelles turbulences.

Le taux de couverture n'est pas le seul indicateur qui devrait être utilisé pour juger de la situation financière d'une caisse. Il faudrait aussi aussi utiliser d'autres informations sur les risques permettant de juger la sécurité financière, la capacité d'assainissement et le niveau de financement en cours. (ats)

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