Pression maximale sur Ségolène Royal
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Pression maximale sur Ségolène Royal

Cette semaine est cruciale pour la suite de la campagne de Ségolène Royal. Elle aura à y relever plusieurs défis, tels que la restauration de son image et une remontée dans les sondages.

Engagée dans une semaine cruciale pour la suite de sa campagne avec la présentation dimanche des «grandes orientations» de son programme présidentiel, la candidate socialiste est attendue au tournant et va devoir relever plusieurs défis de taille: redonner confiance aux siens, restaurer son image écornée de présidentiable et rebondir dans les sondages.

Le premier temps fort de la semaine sera le meeting qu'elle doit tenir mardi soir à la Halle Carpentier, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Une salle de taille intermédiaire de 4.500 places environ qui a été préférée au Zénith ou à Bercy. Pas encore sortie de sa «phase d'écoute», qui s'achève dimanche, elle souhaite garder les grands meetings pour la fin de campagne. Lors de son discours, elle devrait expliquer les «valeurs» qui l'animent et sa vision «de la République et de la Nation», ce qu'elle avait déjà fait à Toulon ou à Vitrolles.

Pour son premier meeting parisien dans ses habits de candidate du PS, Ségolène Royal sera assistée sur scène par le maire jospiniste de Paris Bertrand Delanoë, le responsable départemental du PS Patrick Bloche et... l'acteur Philippe Torreton. Un temps annoncé, Lionel Jospin aurait en revanche renoncé à s'afficher à ses côtés.

Mais c'est sur dimanche que les regards sont braqués. Quelque 3.000 à 5.000 personnes sont attendues à Montreuil, ville populaire de Seine-Saint-Denis, pour écouter le discours-programme de la candidate. Au PS, beaucoup d'élus inquiets l'attendent au tournant. «Elle a altéré son image» et apparaît «comme quelqu'un qui n'a pas les épaules pour le job», lâche un cadre du parti, qui veut croire que «ce n'est pas irréversible». «Maintenant, il faut qu'elle rebondisse», dit-il sous couvert d'anonymat.

«Le 11 février, c'est l'école de la deuxième chance», analyse un autre élu socialiste, pour qui Ségolène Royal s'est mise «dans une seringue» en choisissant ce calendrier. «Dix jours, quinze jours après, on verra où on en est», tempère-t-il, inquiet de voir la chute dans les sondages depuis la mi-janvier. Au premier tour, «elle est à 26-27% et la gauche à 38-40%, elle ne peut pas gagner avec ça», redoute-t-il.

Pour cet élu, la présentation du programme de Mme Royal, perçue comme une soliste au PS, va relever de la quadrature du cercle: «si elle s'écarte à l'excès du projet socialiste, ça va créer de la confusion. Mais si elle colle trop, ça va créer de la déception».

Sous pression, l'entourage de la députée des Deux-Sèvres semblait hésiter sur l'importance à donner à la date du 11 février et à la qualifier ouvertement de tournant, dans une atmosphère un brin cacophonique. Codirecteur de sa campagne, Jean-Louis Bianco a ainsi admis lundi qu'elle «va jouer gros» et qu'il s'agira d'un «cap important»'. Avant d'ajouter: «mais elle ne va pas tout jouer».

«Nous assumons pleinement l'importance de cette journée», «c'est un rendez-vous qui clôt une première étape», a aussi reconnu lundi son porte-parole Julien Dray. Mais «vous n'allez pas avoir droit à un discours à la Castro» avec «un programme détaillé mesure par mesure», a-t-il nuancé. «Laissez-là écrire son discours!», s'est-il agacé.

Déjà, l'entourage de la candidate prévient qu'elle ne livrera pas un projet clé en main. «Elle tracera les grandes orientations mais ce ne sera pas son programme ficelé jusqu'aux derniers boutons de guêtre», a tempéré M. Bianco. Qui concède une «erreur» dans les difficultés actuelles de sa championne: «Nous n'avons pas su installer l'idée qu'elle a fait plus de propositions que Nicolas Sarkozy».

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