26.08.2020 à 18:14

Prêt pour l’électrique?

La transition vers la voiture électrique est plus attrayante que jamais. Elle n’est pour autant pas toujours utile ou facile. Cinq points déterminent s’il y a lieu ou non de passer à l’électrique.

de
Mario Hommen
26.8.2020
La Mercedes-Benz EQC: la voiture électrique, qui repose sur la GLC, facilite grandement la transition vers l’électrique.

La Mercedes-Benz EQC: la voiture électrique, qui repose sur la GLC, facilite grandement la transition vers l’électrique.

Dieter Liechti

1. Infrastructure de recharge

L’un des critères décisifs en faveur ou en défaveur des voitures électriques concerne l’alimentation en courant de charge. Dans l’idéal, les usagers d’une voiture électrique devraient disposer de leur propre point de recharge, toujours disponible et permettant une alimentation en électricité à bon marché. En théorie, il est également possible de se passer de sa propre borne de recharge, bien que cela soit souvent compliqué. Car, malgré le développement continu de l’infrastructure de recharge, il manque souvent de bornes de recharge publiques à proximité immédiate. Autres inconvénients des bornes de recharge publiques: elles ne sont pas toujours disponibles et l’électricité y est souvent plus chère que sur une prise domestique.

Ceux qui ont la chance de pouvoir recharger leur véhicule chez eux, doivent en tous cas installer un boîtier mural. L’alimentation électrique par une simple prise de courant domestique n’est pas recommandée à long terme, car elle peut entraîner une surchauffe et des dégâts considérables. Certains fabricants interdisent même explicitement la recharge sur une prise domestique. L’idéal est d’installer un boîtier mural («wallbox»), capable de recharger même de grosses batteries pendant la nuit. Les mieux à même d’installer un boîtier mural sont les propriétaires qui occupent personnellement leur logement et sont maîtres des décisions concernant les changements structurels du bâtiment. Pour les locataires et les copropriétaires, l’installation d’un boîtier mural peut s’avérer difficile en raison du cadre juridique. Ceux qui envisagent d’acquérir une voiture électrique doivent dans tous les cas se renseigner s’il est possible de se brancher ou s’il existe au moins un accès à une borne de recharge sur leur lieu de travail.

2. Autonomie

Le plus grand frein à la voiture électrique demeure sans doute la crainte de l’autonomie, qui est toutefois, dans la plupart des cas, totalement infondée. Même avec des modèles à faible autonomie, l’alimentation électrique suffit largement pour effectuer des déplacements quotidiens vers son lieu de travail ou pour les sorties du week-end. En revanche, ceux qui veulent une voiture électrique capable de parcourir 400 à 500 kilomètres d’une traite, trouveront un choix de modèles toujours plus vaste, ainsi que des bornes de recharge rapide sur les principaux axes routiers, ce qui permet même de partir en vacances, à condition de prévoir un peu le parcours à l’avance. En raison de leurs grandes batteries, les véhicules électriques à forte autonomie sont généralement chers et relativement inefficaces. Les experts recommandent aux personnes n’ayant qu’occasionnellement l’intention de parcourir de longues distances dans une année de louer une voiture à moteur thermique pour l’occasion et d’utiliser leur propre voiture électrique pour un usage quotidien.

3. Fiabilité

Bien que de nombreux automobilistes ne fassent pas (encore) confiance à la nouvelle technologie, les voitures électriques sont néanmoins considérées comme très fiables, entre autres en raison du nombre de composants beaucoup plus faible que celui qui entre en ligne de compte pour la fabrication de voitures thermiques. En outre, un grand nombre de composants utilisés proviennent de la production de série et sont techniquement au point. C’est particulièrement vrai pour la batterie, dont les cellules sont produites en énormes quantités et avec une qualité constante dans de grandes usines. Grâce à l’expérience largement positive des batteries rechargeables, il n’est par rare d’avoir une capacité minimale garantie de 70% dans ce domaine, même après huit ans ou 150’000 kilomètres d’utilisation. Les nombreuses Tesla d’occasion, qui affichent 300’000, voire plus de 400’000 km au compteur, sont la preuve qu’il est possible d’atteindre de très hauts kilométrages.

4. Coûts

Étant donné que les voitures électriques en Suisse ne bénéficient pas (ou seulement occasionnellement) de primes environnementales, acheter un véhicule électrique coûte plus cher. En contrepartie, les frais d’entretien sont moins élevés. Leur réduction et l’usure moindre offrent un potentiel d’économies supplémentaires. D’après les calculs effectués dès 2018 par le club automobile allemand ADAC, une e-Golf est globalement moins chère qu’une Golf à moteur essence. Depuis, cela devrait être vrai pour toutes les voitures électriques. Compte tenu de l’augmentation de la demande, les véhicules électriques devraient également perdre peu de leur valeur à l’avenir. Selon une analyse datant de 2019, la valeur des voitures électriques est désormais aussi stable que celle des véhicules à moteur à essence.

Tesla Model 3: au terme du premier semestre 2020, le best-seller américain s’est classé troisième des ventes en Suisse.

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Dieter Liechti

5. Écologie

Pour beaucoup, le point le plus important pour passer à l’électrique est la protection de l’environnement et du climat. Dans tous les cas, la voiture électrique présente un avantage dans la mesure où elle n’émet pas de gaz d’échappement, ce qui peut améliorer la qualité de l’air, notamment dans les villes polluées par l’oxyde d’azote. Cependant, la question de la protection du climat n’est pas aussi tranchée, car les voitures électriques sont également à l’origine d’émissions de CO₂. En raison de la taille généralement importante des batteries utilisées pour leur fabrication, elles sont encore plus fortes que celles des voitures essence ou diesel. Or, la voiture électrique peut amortir cet effet de serre au fur et à mesure que sa durée d’utilisation augmente. Une étude publiée fin 2019 a montré que les voitures électriques peuvent être plus respectueuses de l’environnement que les voitures thermiques dès 40’000 kilomètres parcourus, à condition toutefois de les approvisionner en électricité climatiquement neutre.

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