Justice: Prêtre genevois condamné pour une fellation
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JusticePrêtre genevois condamné pour une fellation

Le curé de 75 ans a écopé vendredi d'une peine de 20 mois de prison avec sursis pour actes d'ordre sexuel avec des personnes dépendantes. Il avait abusé d'un ado de 17 ans.

par
tpi
Le prêtre a été suspendu par l'Eglise.

Le prêtre a été suspendu par l'Eglise.

photo: AFP

L'homme d'Eglise est resté impassible à la lecture du jugement. Vendredi, ce prêtre genevois de 75 ans a été condamné à 20 mois de prison avec sursis pour avoir abusé de l'un de ses servants de messe, en août 2015. Il a été reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel avec des personnes dépendantes.

L'accusé avait embrassé, puis prodigué une fellation au jeune homme alors âgé de 17 ans, sans son consentement. L'ado, d'abord tétanisé, avait finalement relevé que les gestes du curé ne correspondaient pas aux Evangiles, ce qui avait mis fin aux attouchements. Le septuagénaire avait reconnu les faits.

Le Ministère public n'y voyait pas là un viol, ni une contrainte sexuelle, mais estimait que le prêtre avait abusé de sa position dominante sur le jeune homme. Faute que la défense a toujours exclu, arguant que l'emprise psychologique du curé sur le servant de messe ne pouvait pas clairement être établie. Sans nier la gravité de la situation, elle avait plaidé l'acquittement.

Finalement, le Tribunal de police a jugé que l'homme d'Eglise avait agi de manière insidieuse, profitant d'un ascendant notamment affectif, intellectuel et spirituel sur la victime, tout en ayant conscience de cette condition. La juge l'a aussi condamné à verser 10'000 fr. au jeune homme à titre de tort moral.

Le curé ne fera pas appel de sa sanction. Il a par ailleurs été suspendu de ses fonctions par l'Eglise.

Tancée, l'Eglise se défend

Jeudi, lors des débats, le procureur avait pointé «le rôle trouble joué par l'Eglise» catholique dans ce dossier. Au courant des actes du prêtre, elle ne l'aurait pas dénoncé, avait avancé le représentant du Ministère public. Seul un concours de circonstance avait permis à la police de découvrir le pot aux roses.

Ce vendredi, dans un communiqué, le Diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg livre une autre version: «L'auteur (des faits, ndlr) a fait parvenir à un prêtre, pour le vicariat de Genève, une lettre d'aveux et de demande de pardon adressée à la victime. Mgr Farine a reçu cette lettre le 25 août. Une fois informé, Mgr Morerod a cherché à prendre contact avec l'auteur pour qu'il se dénonce selon ses aveux dans la lettre et pour lui notifier sa suspension. Il a été impossible de trouver le prêtre, raison pour laquelle, le 26 août, le vicariat de Genève a alerté la police, qui l'a trouvé.»

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