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GenèvePrévenir des conflits avec des correspondants de nuit

Face aux incivilités, aux attroupements de jeunes ou au harcèlement, la Ville prône l’encadrement et le dialogue. Un test va démarrer en collaboration avec les habitants, la police ou encore les régies.

par
David Ramseyer
Plusieurs villes romandes emploient déjà des correspondants de nuit, comme Payerne (photo) ou Lausanne, dans le canton de Vaud.

Plusieurs villes romandes emploient déjà des correspondants de nuit, comme Payerne (photo) ou Lausanne, dans le canton de Vaud.

Chantal Dervey

Prévention, protection et médiation sont les maîtres-mots d’une expérience qui devrait démarrer ce printemps en Ville de Genève. Pour la première fois dans la Cité de Calvin, une équipe de prévention nocturne arpentera le terrain, de 18h à 2h du matin. Avec le dialogue pour arme principale, ces femmes et ces hommes vont aller à la rencontre des jeunes dont les attroupements ou les incivilités posent problème dans les quartiers. Le champ d’action est plus large que cela, insiste la conseillère administrative Christina Kitsos (PS), chargée de la cohésion sociale: «Il s’agira également de lutter contre le harcèlement de rue, ou encore les déchets sauvages, mais aussi de protéger ces personnes qui sont parfois en souffrance, en rupture scolaire ou victimes de discrimination. Tout est souvent lié.»

D’où l’importance d’œuvrer en réseau, avec la police et les structures sociales existantes «qui, en journée, pourront prendre le relais du travail effectué la nuit», illustre la magistrate; mais aussi avec les associations, les collectifs d’habitants, les régies immobilières et les commerçants. Des rencontres régulières sont ainsi prévues entre jeunes, acteurs des quartiers et médiateurs. La Ville a défini un profil clair pour ces derniers: des personnes expérimentées, rompues au travail de terrain, qui pourront aussi orienter leurs interlocuteurs.

Quartier sensible à définir

Après le vote juste avant Noël au Conseil municipal d’un budget de 319’879 francs pour 2,6 postes, la phase test doit débuter ce printemps et durer environ une année. Le choix du quartier n’est pas encore arrêté, mais les Charmilles le disputent aux Ouches (à Châtelaine), aux Pâquis ou encore à Plainpalais. Les médiateurs travailleront toujours en équipe. «Leurs échanges avec les jeunes seront axés sur une identification du problème, l’écoute et le rappel des règles en vigueur, précise Stéphanie Pédat, cheffe du Service de la jeunesse. Ils assureront une présence régulière et devront être reconnaissables par les différents usagers de l’espace public. Ils porteront donc une tenue spécifique, qui servira de signe distinctif.»

Si l’expérience est concluante, Christina Kitsos ambitionne d’étendre ces «veilles sociales sur le terrain» à d’autres secteurs de la ville, selon les besoins: «On veut créer une dynamique de quartier, qui au final, ne se concentrera pas seulement sur les jeunes et bénéficiera à tous les habitants».

Le modèle lausannois

Le dispositif prévu en Ville a déjà été adopté ailleurs dans le canton (Vernier, Grand-Saconnex et Thônex), mais aussi à Lausanne, citée en exemple par les autorités genevoises. En fonction depuis octobre 2015, les correspondants de nuit de la capitale vaudoise ont d’abord concentré leurs efforts sur les fêtards; puis leur mission s’est élargie au harcèlement de rue et aux marginaux, notamment. Le bilan est excellent, juge le municipal chargé de la sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand (PLR): «Nous avons une présence régulière sur le terrain qui a permis de faire baisser la pression. Les correspondants de nuit sont devenus les interlocuteurs de nombreux acteurs, que ce soient la police, les habitants ou les patrons de clubs.» Le dispositif lausannois compte 9,6 postes à temps plein, pour un budget annuel de 1,1 million de francs.

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221 commentaires
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Duncan

13.01.2021 à 15:01

C’est bien prendre des habitués de ses situations pour prêcher le faux et faire ressortir le vrais caractère de ses voyous

Sam Troulec

13.01.2021 à 07:29

Dans ma Bretagne natale, certains endroits le font. Ça marche couci-couça.

Gaggman

13.01.2021 à 07:20

MARRE DE LA POLITIQUE DE DROITE? Venez habiter à Lausanne, ville la plus sale et la moins sûre de Suisse.