Actualisé 17.05.2017 à 10:45

Suisse

Prévoyance 2020 perd deux gros soutiens

GastroSuisse et hotelleriesuisse vont combattre la réforme voulue par Alain Berset. Les Suisses se prononceront le 24 septembre.

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smk/nxp
Alain Berset voit gonfler le front des opposants à sa réforme 2020 de la prévoyance vieillesse.

Alain Berset voit gonfler le front des opposants à sa réforme 2020 de la prévoyance vieillesse.

Keystone

Mauvaise nouvelle pour Alain Berset et son projet de réforme 2020 de la prévoyance vieillesse. GastroSuisse et hotelleriesuisse ont changé d'avis et ne soutiennent plus les projets du conseiller fédéral, comme le rapporte l'«Aargauer Zeitung» dans son édition du 17 mai 2017.

Un retournement de veste d'autant plus surprenant que les présidents des deux associations, Casimir Platzer (GastroSuisse) et Andreas Züllig (hotelleriesuisse) ont soutenu le projet dans des interviews parues dans la presse alémanique. Le second fait désormais son mea culpa. «C'est de ma faute», a reconnu le président d'hotelleriesuisse dans une interview parue dans la «Nordwestschweiz».

Il craint que les PME ne soient lésées par le compromis trouvé au Parlement. «Elles ne pourront pas se permettre la hausse de 70 francs des rentes pour les nouveaux retraités.»

Surprise à Berne

Quant à Casimir Platzer, il explique n'avoir jamais affirmé que GastroSuisse allait soutenir Prévoyance 2020, contrairement à ce que des journaux ont affirmé. Il ne croit pas que l'AVS pourra être assainie avec le projet présenté. Quant à la hausse de 0,3 point de contribution à l'AVS, elle pourrait faire très mal à la branche. «Les charges de personnel nous mangent déjà la moitié de nos revenus.»

Ce retournement de veste en a surpris certains sous l'hémicycle, car la variante proposée par le PLR et l'UDC aurait augmenté la masse salariale de 75% contre à peine 25% pour la version retenue. «C'est encore plus inexplicable pour moi de la part de ces fédérations. Leurs membres profitent en effet de la réforme présentée», a estimé le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE).

Les Romands disent toujours «oui»

Sa collègue Ruth Humbel (PDC/AG) se dit également déçue. «Si la version du PLR et de l'UDC avait été retenue, les coûts salariaux pour les faibles revenus auraient massivement augmenté. Ce qui aurait surtout touché la branche gastro.» Elle met en garde les deux présidents. «Les branches à faibles salaires n'auront jamais une solution aussi favorable pour elles.»

Le camp des opposants se réjouit naturellement de l'apport des deux importantes associations. «Les milieux économiques sont désormais fermement opposés à cette réforme», a salué Matthias Leitner, responsable de la campagne au PLR. Enfin presque, puisque la puissante Fédération des Entreprises Romandes, forte de 27'000 entreprises et 80 associations, soutient toujours le «oui».

K-Tipp dit aussi «non»

L'influent magazine des consommateurs alémaniques «K-Tipp» se jette à son tour dans la récolte de signatures et soutiendra la «non». Le journal tire à 248'000 exemplaires, lus par 900'000 personnes.

Pour le magazine, la réforme se traduirait pas une dégradation du deuxième pilier, explique la Tages-Anzeiger dans son édition du 17 mai 2017. Mais il ne veut pas pour autant rejoindre le comité de référendum créé pour l'occasion.

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