Cyclisme: Primoz Roglic: «Sa victoire n’est pas étrange mais surprenante»
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CyclismePrimoz Roglic: «Sa victoire n’est pas étrange mais surprenante»

Le coureur slovène est revenu pour la première fois sur sa défaite au Tour de France 2020. Il en profite également pour analyser le succès de son compatriote Tadej Pogacar.

par
Claude-Alain Zufferey
Le 19 septembre 2020, à l’arrivée du contre-la-montre, le visage hagard de Primoz Roglic en disait long sur son incompréhension.

Le 19 septembre 2020, à l’arrivée du contre-la-montre, le visage hagard de Primoz Roglic en disait long sur son incompréhension.

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Le Tour de France 2020 a connu un final à suspense, avec un immense coup de théâtre survenu lors de l’avant-dernière étape. Alors que Primoz Roglic (31 ans) possédait 57 secondes d’avance, tout le monde pensait que l’affaire était pliée.

C’était sans compter sur le numéro réalisé par Tadej Pogacar (21 ans) à l’occasion du contre-la-montre de la Planche des Belles Filles. En 36,2 km, il a mis 1’ 56” dans la vue de son compatriote et s’est emparé du maillot jaune à 24 heures de l’arrivée à Paris.

Dans les colonnes du journal l’Équipe, Primoz Roglic est revenu pour la première fois sur son incroyable défaite, mais également sur l’improbable victoire de son compatriote de l’équipe UAE Emirates. Quatre mois après, le leader de la Jumbo-Visma tente de mettre des mots sur une blessure qui n’est de loin pas cicatrisée.

«Personne ne pouvait imaginer qu’il avait encore ça dans le ventre.»

Primoz Roglic parlant de Tadej Pogacar

La performance de Tadej Pogacar sur le chrono final et surtout l’écart qu’il a réussi à creuser ont soulevé quelques interrogations. «Cette performance n’est pas étrange, mais surprenante. Il n’avait jamais montré qu’il en était capable, jusqu’au moment où il a écrasé ce chrono. Sur certaines étapes, auparavant, il était au rupteur, au bord de craquer. Personne ne pouvait imaginer qu’il avait encore ça dans le ventre.»

Mais Roglic plaide également coupable et admet avoir fait une erreur en reconnaissant le dernier contre-la-montre le matin même. Cette débauche d’énergie supplémentaire l’a empêché d’être au top dans l’après-midi.

«C’était brutal, dévastateur. Mais plus pour les gens autour de moi que pour moi.»

Primoz Roglic

Concernant sa défaite, ses mots sont forts: «C’était brutal, dévastateur. Mais plus pour les gens autour de moi que pour moi. Je suis quelqu’un qui va de l’avant, je ne reste pas à ruminer sur un résultat.»

Il tirera tout de même une satisfaction de cette 107e Grande Boucle: «Quelque part, on a gagné en montrant à quel point notre équipe était forte. Dégager une telle impression de puissance, contrôler au maximum, c’était ça que je voulais avant le départ et c’est ce qu’on a réussi à mettre en place. Bien sûr, la victoire finale n’est pas là mais c’est ainsi. Parfois on gagne, parfois on perd. Quand on a fait tout ce qu’on pouvait, il faut l’accepter.»

Un leader tout sauf naturel

À 31 ans, Primoz Roglic aura encore l’occasion de gagner des grands tours. Cet ancien sauteur à ski, devenu leader d’une des meilleures équipes du monde, a dû apprendre à gérer son nouveau rôle: «Il m’a fallu apprendre cette ouverture aux autres. Je suis toujours en train de chercher comment être un bon leader. Ce n’est pas très naturel pour moi. J’ai besoin de passer du temps seul. Au début, je n’avais pas pris la peine d’en parler, et mes coéquipiers pensaient que je ne les aimais pas, ils se disaient que j’étais spécial, que je ne pensais qu’à moi…»

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