Actualisé 06.08.2014 à 06:50

VaudPris pour du gibier, un chien agonise criblé de balles

L'animal a souffert durant dix jours avant d'être euthanasié. Le chasseur qui l'a confondu avec un chevreuil vient d'être condamné.

von
Christian Humbert
Le tireur fautif a contrevenu à la loi sur la faune.

Le tireur fautif a contrevenu à la loi sur la faune.

«Elle avait des plombs partout, dans un ½il et au cerveau. Il n'y avait rien à faire.» C'est dans un bien triste état qu'Alain* a retrouvé Aïka, sa chienne braque français de 3 ans, au terme d'une partie de chasse, en octobre 2012. Accompagné de cinq autres retraités, il s'adonnait à son passe-temps saisonnier dans le bois de Châtillon, près de Montcherand, lorsque l'un des chasseurs a vu un chevreuil traverser un chemin. Pensant que l'animal s'était réfugié dans un fourré, l'octogénaire a tiré à l'aveugle. La chienne, dissimulée par les feuillages, s'est retrouvée criblée de plombs. «Je n'ai pas du tout entendu son grelot en raison du bruit assourdissant de l'autoroute justeà côté», assure le tireur.

Aïka, que son maître a retrouvée tapie dans des ronces, n'était cependant pas au bout de son calvaire. Toujours en vie, elle a survécu dix jours au Tierspital de Berne avant d'être euthanasiée. La facture de 3500 fr. a été prise en charge par l'assurance du fautif, contre lequel Alain a déposé une plainte.

Condamné par un procureur pour avoir contrevenu à la loi sur la faune, le responsable vient d'écoper de 500 fr. d'amende et devra s'acquitter de 1050fr. de frais. Le magistrat a retenu qu'il avait été négligent mais que «rien n'indique qu'il voulait atteindre la chienne». Alain ne veut toutefois pas en rester là et exige que le permis de chasse du tireur lui soit retiré: «Il devait identifier la bête et ne pas utiliser de la grenaille pour du chevreuil.» La décision revient désormais au Service de la faune.

*Prénom d'emprunt

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