Italie: Prise de bec entre Berlusconi et son allié
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ItaliePrise de bec entre Berlusconi et son allié

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s'est livré à une explication musclée jeudi lors d'une réunion de son parti de centre-droit.

Lors d'une réunion marathon de six heures, M. Berlusconi a lancé une sorte d'ultimatum à M. Fini, en l'invitant à quitter sa prestigieuse fonction de président de la Chambre des députés s'il veut vraiment un groupe autonome au parlement.

«Un président de la Chambre ne doit pas faire de déclarations politiques. Si tu veux les faire, alors tu dois quitter ton poste», a déclaré M. Berlusconi, à l'adresse de celui qui avait été longtemps présenté comme son dauphin potentiel.

M. Fini s'est alors levé devant les 477 délégués et a demandé à M. Berlusconi: «Tu veux me chasser?». Il a ensuite affirmé à des journalistes qu'il n'avait «aucune intention de quitter la présidence de la Chambre» et qu'il continuerait à «dire ce qu'il pense».

Le document final de la réunion, adopté à une écrasante majorité (160 pour, 11 contre, une abstention), a rejeté pratiquement toutes les idées de M. Fini et en premier lieu la création de courants, estimant qu'ils «nient la nature même du PDL». A la veille de la rencontre, M. Berlusconi avait qualifié les courants de «métastases» susceptibles de détruire le PDL.

A M. Berlusconi qui a assuré les délégués du caractère totalement «démocratique» du PDL, M. Fini avait réclamé «des endroits où discuter, car tout le monde dans le parti n'est pas toujours d'accord» avec Berlusconi.

Mais surtout il lui avait reproché de «s'aplatir devant la Ligue du Nord», son allié-clé au sein de la coalition au pouvoir.

«Beaucoup de parlementaires PDL du Nord (de l'Italie) viennent me voir et me disent: tu as raison, nous sommes devenus une photocopie de la Ligue», déclarait-il.

Les tensions récurrentes entre MM. Berlusconi et Fini ont connu un net regain ces dernières semaines après la forte poussée de la Ligue aux régionales de fin mars.

Ce parti au discours populiste, qui défend une autonomie poussée des régions et une politique d'immigration très restrictive, a obtenu 12,7% des suffrages à l'échelon national, soit mieux qu'aux législatives de 2008 (9,5%).

Et la Ligue a permis à la coalition de l'emporter dans des régions clé comme le Piémont (nord) et d'ainsi s'adjuger 6 des 13 régions qui étaient remises en jeu, dont 4 ravies au centre-gauche.

Selon M. Fini, une partie du PDL s'inquiète du prix que la Ligue fera payer à Berlusconi pour continuer à lui apporter un soutien.

La Ligue a déjà réclamé des ministères en plus, la mairie de Milan où des municipales auront lieu l'an prochain, et un poids accru dans les fondations qui contrôlent les grandes banques du pays.

M. Fini est l'ancien chef du parti Alliance nationale (AN, héritier du parti néo-fasciste MSI), qui a fusionné avec Forza Italia de Berlusconi au sein du PDL avant les législatives d'avril 2008. (afp)

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