Grève de la SNCF: Prise de risque maximale: elle tombe sur les voies
Actualisé

Grève de la SNCFPrise de risque maximale: elle tombe sur les voies

Comme attendu, la France connaît un «mardi noir» avec une grève particulièrement suivie. A la gare de Lyon, la panique générale a provoqué des scènes surréalistes.

Des passagers aident une femme tombée sur les voies à remonter sur le quai.

Des passagers aident une femme tombée sur les voies à remonter sur le quai.

Keystone/AP/Francois Mori

Les cheminots français ont entamé mardi un mouvement de grève qu'ils annoncent «massif», susceptible de paralyser la France pendant trois mois et constituant un défi majeur pour le président Emmanuel Macron et ses projets de réformes. Face à des cheminots fortement mobilisés contre la réforme du secteur ferroviaire, «le gouvernement tiendra bon, dans l'écoute, dans la concertation, dans le dialogue», a assuré la ministre des Transports Elisabeth Borne, sur la radio RMC.

La grève «très massive», selon le syndicat CGT, semait la pagaille sur les rails, empruntés chaque jour par 4,5 millions de Français. Un cheminot sur trois (34%) était en grève et jusqu'à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%), a indiqué la direction de la SNCF. Seul un TGV (train à grande vitesse) sur huit et un train régional sur cinq circulaient. Le trafic international était à peu près épargné, avec trois Eurostar sur quatre et une circulation quasi normale sur les Thalys vers la Belgique.

Co-voiturage, télétravail... les usagers, partagés entre compréhension et agacement, se sont adaptés. «Je comprends qu'ils veuillent défendre leur bifteck, mais il y a peut-être d'autres moyens de le faire», soupirait Pascal Lasnier, cadre dans une banque de 44 ans, qui voyage fréquemment entre Lille (nord) et Paris, qui n'a pas particulièrement été paralysée par les embouteillages.

France: la SNCF en grève

La grève de la SNCF sème le chaos dans les gares parisiennes. Les liaisons ferroviaires entre la Suisse et la France sont annulées.

C'est à la gare de Lyon que les soucis se sont concentrés. Dans une ambiance particulièrement tendue, des usagers, coincés sur les quais bondés et vite saturés ont décidé de descendre sur les voies pour faciliter leur déplacement. Pour rappel, cette pratique dangereuse est formellement interdite.

C'est au milieu de cette cohue générale qu'une femme est tombée entre les rails, avant d'être secourue par des passagers, relève le Huffington Post.

Macron joue gros

Les cheminots protestent contre la suppression de l'embauche à un statut spécial, les modalités d'ouverture à la concurrence ou encore la transformation de la SNCF en société anonyme, qui ouvrent selon eux la voie à une future privatisation, ce que nie le gouvernement.

Les syndicats, bien que divisés et peu représentatifs (11% de salariés seulement sont syndiqués en France), espèrent gagner le soutien de l'opinion publique dont une petite majorité se dit pour l'instant hostile à la grève, selon les sondages.

Pour justifier la réforme, le gouvernement met en avant la dette abyssale de l'opérateur public (46,6 milliards d'euros fin 2017 pour SNCF Réseau) à l'heure de la prochaine ouverture à la concurrence européenne et martèle que «faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs».

Au-delà du gouvernement, c'est surtout le président Macron qui joue gros sur ce dossier. Le chef de l'Etat s'est pour l'instant tenu en retrait, mais il a tellement accusé ses prédécesseurs d'immobilisme et de peur de réformer qu'il peut difficilement se permettre de reculer face aux cheminots, comme l'avait fait un gouvernement de droite en 1995.

(20 minutes/afp)

Ton opinion