Actualisé 17.03.2016 à 19:06

France voisinePrison avec sursis contre 2 «corbeaux» de la HSBC

Des maîtres-chanteurs avaient tenté de soudoyer une succursale genevoise de la banque britannique en 2012. Ils ont été condamnés jeudi.

Un ancien responsable informatique d'une succursale genevoise de la banque HSBC a été condamné à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bonneville, en Haute-Savoie Il devra aussi s'acquitter de 2000 euros (2189 francs) d'amende. Son comparse a été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve. Ils devront aussi verser un euro de dommages et intérêts à l'institut bancaire.

Arrestation rocambolesque

Les deux hommes, âgés de 50 et 58 ans, avaient été arrêtés dans la nuit du 8 au 9 juin 2012, au cours d'une opération ayant réuni plus d'une centaine de policiers des deux côtés de la frontière franco-helvétique.

Réclamant plusieurs millions d'euros à la banque, faute de quoi ils menaçaient de dévoiler des documents confidentiels, les deux hommes avaient été arrêtés au moment de la remise de l'argent. L'un des protagonistes, qui devait traverser l'Arve pour semer ses éventuels poursuivants, avait été arrêté en tenue de plongée.

Les deux hommes avaient un casier judiciaire vierge et étaient inconnus des services de police. Ils réclamaient 5 millions d'euros, soit 4 millions pour eux et un million pour des associations caritatives genevoises.

«Pieds nickelés»

Durant l'audience, Philippe Vouland, l'un des avocats des deux prévenus, les a qualifié de «pieds nickelés» lancés «dans une spirale de malfaiteurs». «L'affaire s'est dégonflée. On s'est aperçu qu'on avait affaire à des gens qui ne sont pas dangereux», a fait valoir l'homme de loi.

Son client, licencié par HSBC, «était dans la rumination» au moment des faits, a-t-il expliqué. «Son licenciement est allé au-delà de la blessure narcissique. Il est tombé dans un véritable gouffre et a vécu un effondrement qu'il n'a pas su surmonter.»

L'ancien cadre a dit à la barre avoir été en possession de données confidentielles de clients de la banque mais les avoir détruites. «Ils ont tout reconnu», a assuré M. Vouland, selon qui il n'y a «aucun risque de récidive». (ats)

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