Actualisé 29.05.2019 à 04:25

France

Prison avec sursis pour avoir triché aux échecs

Deux joueurs et un sélectionneur national d'échecs ont été condamnés lundi, à six mois de prison avec sursis, pour avoir monté un stratagème d'escroquerie en 2010.

La Fédération française d'échecs avait alerté les autorités après avoir intercepté un texto, jugé suspect.

La Fédération française d'échecs avait alerté les autorités après avoir intercepté un texto, jugé suspect.

AFP

Deux joueurs et un sélectionneur national d'échecs ont été condamnés lundi par le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) à six mois de prison avec sursis pour avoir échafaudé un stratagème d'escroquerie lors d'un championnat en Russie en 2010. Les trois hommes devront en outre verser un euro chacun à la Fédération française d'échecs (FFE) qui s'était constituée partie civile, à titre de dommages et intérêts pour le préjudice subi, a annoncé le tribunal.

Le ministère public avait requis des peines de neuf mois de prison avec sursis lors de l'audience, le 25 février, estimant qu'il y avait «eu tricherie, tromperie et, sur le plan pénal, escroquerie». La FFE avait alerté les autorités après avoir intercepté un texto, jugé suspect, envoyé par Arnaud Hauchard, alors sélectionneur de l'équipe de France aux Olympiades d'échecs à Khanty-Mansiysk (Russie), à Cyril Marzolo, maître international de la discipline, resté en France. La compétition, organisée du 21 septembre au 3 octobre 2010, avait été remportée par Sébastien Feller, grand maître international (GMI), alors âgé de 19 ans et considéré comme à l'aube d'une carrière prometteuse.

Thèse du complot

M. Marzolo avait reconnu avoir simulé sur un logiciel d'échecs les parties disputées par M. Feller et avoir envoyé par texto des codes correspondant aux coups à jouer à M. Hauchard. Ce dernier, selon M. Marzolo, était à l'initiative de la tricherie. Il se déplaçait dans la salle pour indiquer au jeune joueur d'échecs, champion de France juniors en 2007, les positions des pièces sur l'échiquier. Le joueur et son capitaine, âgés aujourd'hui de 27 et 47 ans, absents à l'audience, avaient nié la tricherie lors de leurs auditions. Ils avaient avancé la thèse du complot au sein de la FFE. Leurs avocats avaient plaidé la relaxe.

Privés de licence par la FFE, une première dans la discipline, ils avaient attaqué cette sanction devant la justice administrative qui avait décidé de la leur rendre, en attendant que l'escroquerie présumée soit jugée. M. Marzolo, qui n'était pas représenté lors du procès, avait été suspendu neuf mois par la FFE. (afp)

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