Actualisé 23.06.2020 à 13:20

Strasbourg (F)

Prison avec sursis pour le policier qui avait matraqué une «gilet jaune»

Le quadragénaire, outre la peine prononcée, ne pourra pas porter d’arme pendant cinq ans. L’homme, dans la police depuis 23 ans, a expliqué qu’il était stressé lors de la manifestation où il a dérapé.

La sexagénaire avait été frappée lors de cette manifestation des gilets jaunes dans la ville alsacienne, en janvier 2019,

La sexagénaire avait été frappée lors de cette manifestation des gilets jaunes dans la ville alsacienne, en janvier 2019,

AFP

Un policier a été condamné mardi à dix-huit mois de prison avec sursis simple par le Tribunal correctionnel de Strasbourg (F), pour avoir matraqué une manifestante «gilet jaune» en janvier 2019. La peine est assortie de cinq ans d'interdiction de port d'arme et d'une inscription au casier judiciaire.

Cette décision intervient au moment où des manifestations contre les violences policières ont rassemblé des milliers de personnes ces dernières semaines en France. Selon le rapport de la police des polices, que l'AFP a pu consulter, le gardien de la paix identifié comme étant l'auteur du coup de matraque, «n'était pas menacé directement ou personnellement par un manifestant ou par la victime».

L'incident a eu lieu dans le centre-ville de Strasbourg, le 12 janvier 2019 à l'occasion d'une manifestation des «gilets jaunes», un grand mouvement de contestation sociale qui avait secoué le pays à l'époque. La manifestante, âgée de 62 ans, qui n'était pas armée, a eu une dizaine de points de suture à l'arrière de la tête.

Le procureur, Alexandre Chevrier, a pointé «une violence totalement disproportionnée» de la part de cet agent de 47 ans, dans la police depuis 23 ans et pourtant bien noté par sa hiérarchie.

Le policier, membre de la brigade d'intervention, a expliqué devant le tribunal avoir été stressé. Il a admis «le caractère illégitime de l'action» et a reconnu avoir administré un coup de matraque, affirmant ne pas se souvenir du reste. Au vu des images de vidéosurveillance, le parquet a pour sa part retenu «deux coups de matraque» et «on le voit esquisser deux coups de pied au sol».

Lundi, quatre autres policiers ont par ailleurs été placés en garde à vue pour des violences à Paris dans une autre manifestation de «gilets jaunes», en décembre 2018. Ils sont accusés d'avoir frappé violemment plusieurs manifestants, certains allongés au sol, à l'aide de matraques, dans un fast-food. La scène avait été filmée par plusieurs journalistes.

(AFP)

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