Scandale du «PMU 18»: Prison ferme pour avoir dénoncé la corruption gouvernementale
Actualisé

Scandale du «PMU 18»Prison ferme pour avoir dénoncé la corruption gouvernementale

Un journaliste vietnamien a été condamné mercredi par un tribunal de Hanoï à deux ans de prison pour sa couverture en 2006 d'un vaste scandale de corruption.

L'affaire avait ébranlé les plus hautes instances du pouvoir.

Un policier, accusé de lui avoir transmis des informations, a été condamné à un an de prison tandis qu'un de ses confrères a été remis en liberté mais devra suivre une période de rééducation de deux ans.

«Le tribunal populaire de Hanoï a reconnu Nguyen Viet Chien coupable d'avoir abusé des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l'Etat», a indiqué le président du tribunal, Tran Van Vy.

Les deux journalistes, Nguyen Van Hai et Chien, arrêtés en mai, avaient été, comme leurs journaux «Tuoi Tre» et «Thanh Nien», particulièrement actifs dans la couverture du scandale de corruption dit du «PMU 18», une affaire de détournements de fonds publics dans laquelle de très nombreux responsables avaient été épinglés.

Un colonel de police, le général Pham Xuan Quac, accusé d'avoir transmis des informations secrètes aux médias, a reçu un avertissement officiel.

A leur arrestation, les rédactions des deux journalistes avaient réagi sur un ton inhabituellement virulent pour une presse toujours sous contrôle du régime communiste. Des responsables des deux quotidiens s'étaient à leur tour vu retirer leur carte de presse en août pour avoir pris leur défense.

Le scandale du «PMU 18» avait éclaté au sein d'un département du ministère vietnamien des Transports du même nom, chargé de la construction d'infrastructures lourdes. Dans cette unité largement alimentée par des fonds japonais et de la Banque mondiale, la police avait soupçonné des détournements de fonds massifs destinés notamment à alimenter des paris sur des matches de football.

L'affaire avait conduit à la démission du ministre des Transports de l'époque, Dao Dinh Binh, et à l'arrestation de son vice-ministre, Nguyen Viet Tien, blanchi cette année. (ats)

Ton opinion