Affaire Bettencourt: Prison ferme pour Banier et de Maistre
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Affaire BettencourtPrison ferme pour Banier et de Maistre

Le photographe François-Marie Banier et Patrice de Maistre, gestionnaire de la richissime héritière de L'Oréal, ont été condamnés à des peines de prison pour «abus de faiblesse» et «blanchiment».

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24.08 Le photographe François-Marie Banier, ex-confident de la milliardaire Liliane Bettencourt, a été condamné par la Cour dappel de Bordeaux, mercredi 24 août , à quatre ans de prison avec sursis et 375'000 euros damende pour des « abus de faiblesse » aux dépens de lhéritière de LOréal.

24.08 Le photographe François-Marie Banier, ex-confident de la milliardaire Liliane Bettencourt, a été condamné par la Cour dappel de Bordeaux, mercredi 24 août , à quatre ans de prison avec sursis et 375'000 euros damende pour des « abus de faiblesse » aux dépens de lhéritière de LOréal.

AFP/Georges Gobet
On le voit ici quitter le tribunal par une porte dérobée après avoir entendu le verdict.

On le voit ici quitter le tribunal par une porte dérobée après avoir entendu le verdict.

AFP/Georges Gobet
07.07.2016 La fille de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt a été mise en examen jeudi pour subornation de témoin dans une enquête portant sur un prêt à Claire Thibout, ex-comptable de sa mère

07.07.2016 La fille de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt a été mise en examen jeudi pour subornation de témoin dans une enquête portant sur un prêt à Claire Thibout, ex-comptable de sa mère

AFP/Nicolas Tucat

François-Marie Banier, 67 ans, est condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, 350'000 euros (environ 361'000 francs suisses) d'amende et 158 millions d'euros de dommages et intérêts à Liliane Bettencourt. Patrice de Maistre, 66 ans, écope quant à lui de trente mois de prison, dont douze avec sursis, et 250'000 euros d'amende.

Présents pour l'énoncé du jugement, les deux hommes ont annoncé leur intention de faire appel de ces condamnations. Elles sont à peine inférieures aux réquisitions prononcées en début d'année.

Le président du tribunal correctionnel de Bordeaux, Denis Roucou, a insisté sur la «particulière vulnérabilité» de Liliane Bettencourt, 92 ans aujourd'hui, «traumatisée et profondément troublée» après le décès de son mari en novembre 2007.

En l'absence de Liliane Bettencourt

Le tribunal a décelé «une réelle emprise psychique et morale» de M. Banier sur la femme la plus riche de France, dont les capacités de discernement, manifestement fluctuantes dès 2006, n'ont cessé de se dégrader au fil du temps. Aujourd'hui atteinte de la maladie d'Alzheimer et sous tutelle, la vieille dame n'a pas assisté au procès.

Sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, partie civile au procès, a déclaré à sa sortie du palais de justice: «Ma première pensée va naturellement à ma mère, pour son honneur, pour sa dignité, et puis vers toute sa famille, la nôtre. Mais il ne m'appartient pas de commenter cette décision de justice».

Woerth relaxé

Concernant les autres prévenus jugés au début de l'année dans le volet «abus de faiblesse», la cour les a sanctionnés par des peines de prison ferme ou assorties du sursis ou par des amendes sévères. Les juges ont notamment passé outre les réquisitions de relaxe concernant l'avocat Pascal Wilhelm, successeur de M. de Maistre auprès de Mme Bettencourt, condamné à la même peine que son prédécesseur.

Moindre sévérité pour l'homme d'affaires Stéphane Courbit, qui avait in extremis trouvé un arrangement avec la famille Bettencourt à la veille du procès en lui remboursant 143 millions d'euros investis dans LOV Group (audiovisuel, énergie, jeux en ligne). Alors que le procureur n'avait relevé contre lui aucun fait «gravement préjudiciable» à Mme Bettencourt, il devra tout de même verser 250'000 euros d'amende, mais échappe à la prison.

Quant au député UMP de l'Oise, Eric Woerth, il est relaxé des poursuites de «recel» dans le principal volet de l'affaire Bettencourt. Car s'il existe «une forte suspicion de remise d'argent» liquide de M. de Maistre au trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy, comme l'ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout, l'a maintenu dans son témoignage au procès, «la démonstration» n'a pu en être faite, a dit M. Roucou.

Pas de trafic d'influence

Eric Woerth, tout comme Patrice de Maistre cette fois, a été relaxé dans le volet «trafic d'influence» de l'affaire jugé en mars. Les deux hommes étaient poursuivis pour avoir conclu un arrangement selon lequel M. Woerth, alors ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, aurait décerné la Légion d'honneur à Patrice de Maistre.

En échange, ce dernier était soupçonné d'avoir fait embaucher en 2007 l'épouse du ministre, Florence Woerth, dans sa société qui gérait les dividendes de Liliane Bettencourt, la richissime héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal. Eric Woerth et Patrice de Maistre avaient formellement démenti un tel accord.

Nicolas Sarkozy, entendu longuement à deux reprises dans le cadre de cette affaire, avait été placé dans un premier temps sous le statut de témoin assisté puis mis en examen pour abus de faiblesse le 21 mars 2013. Il avait finalement bénéficié d'un non-lieu. (afp)

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