Actualisé 22.01.2014 à 11:19

Grand GenèvePrison ferme pour du harcèlement téléphonique

Une journaliste suisse a appelé un élu de France voisine jusqu'à 200 fois par jour pendant 28 ans. Le tribunal l'a condamnée pour appels malveillants.

«Ça peut détruire une famille, croyez-moi.» Devant le Tribunal de Thonon-les-Bains (F), cet élu du Chablais français a expliqué son calvaire, comme le rapporte la «Tribune de Genève». En 1986, directeur d'un office de tourisme, il rencontre une journaliste suisse, qui officie dans une radio locale. «Nous nous sommes tout de suite bien entendus, mais elle a voulu davantage», a-t-il expliqué aux juges.

Commencent alors les coups de fil. Une insulte, un rire, de la musique, voire juste un silence. Le manège se répète tous les jours, jusqu'à 200 fois. «Je l'avoue, c'est une vengeance», reconnaît l'accusée, dont la version diffère de celle de l'élu. Selon elle, son comportement est le résultat d'une blessure amoureuse, fruit d'une relation qu'ils auraient entretenue. «Il a eu des propos atroces à mon égard. Je n'ai pas eu d'autres moyens.»

L'expertise psychologique conclut que la prévenue est une «personne qui a des convictions et une agressivité qui la rend combative en plus d'une forte charge émotionnelle». La même étude met également en relief le comportement de la victime, qui «s'est servi des médias pour l'atteindre». Un article paru dans la presse française au printemps 2012 avait ravivé la colère de la journaliste, qui avait diminué ses coups de fil depuis 2008, suite à l'émission d'un mandat d'arrêt.

Après délibération, les juges ont reconnu la Suissesse coupable d'appels malveillants. Ils l'ont condamnée à six mois de prison, dont deux ferme, qu'elle a déjà exécutés en détention préventive. Sa peine est assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans. (20 minutes)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!