Genève - L'homme qui avait tabassé un inconnu dans la rue écope de la prison ferme
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GenèvePrison ferme pour le cogneur de Plainpalais

L’homme qui avait passé à tabac un trentenaire dans la rue, en 2020, a écopé de 4 ans et demi de réclusion. La justice n’a pas retenu la tentative de meurtre.

par
David Ramseyer
dra

La faute du prévenu est «très lourde», il a commis des actes d’une «grande brutalité» et fait preuve de «violence gratuite, pour une raison futile», le tout «sans prise de conscience et sans avoir exprimé le moindre regret» par la suite. Mardi, le Tribunal correctionnel a condamné à 4 ans et demi de prison l’homme qui avait tabassé par deux fois un trentenaire, le 11 janvier 2020 dans le quartier de Plainpalais. D’origine colombienne et âgé de 27 ans, déjà incarcéré par le passé pour des actes brutaux, B. sera par ailleurs expulsé de Suisse pour 5 ans. Il devra aussi suivre un traitement thérapeutique.

Déchaînement de coups

Estimant que l’accusé n’avait pas eu l’intention de tuer, la justice n’a pas retenu la tentative de meurtre. Mais elle l’a reconnu coupable de lésions corporelles graves, notamment. «En agissant si violement, même s’il n’avait pas l’intention de causer des blessures graves, le prévenu s’est accommodé de ce risque, en frappant encore et encore.»

B. s’était déchaîné sur sa victime, qui lui avait demandé de faire la queue alors que le Colombien dépassait un client au guichet nocturne d’un fast-food. Une pluie de coups de poing s’était abattue sur la tête de L., qui avait aussi eu la jambe brisée lors d’un deuxième passage à tabac, quelques minutes plus tard. Le trentenaire reste aujourd’hui traumatisé physiquement et psychiquement.

Version du plaignant confirmée

Selon le Tribunal, les témoignages et les images de vidéosurveillance - tant devant le fast-food que sur la plaine de Plainpalais - ont confirmé la version du plaignant et réfuté celle de l’accusé. Ce dernier avait invoqué la légitime défense, parlé d’une responsabilité partagée et affirmé que certaines blessures de sa victime étaient dues à une chute durant la seconde altercation.

Avocat de L., Me Robert Assaël a salué le verdict. En confirmant «complètement la version de mon client, le tribunal a remis à sa juste place le prévenu, qui n’a cessé de se victimiser et a menti à un rythme respiratoire.»

Appel(s) de la défense

La défense fera appel de l’expulsion. Contrairement aux dires de la Cour, Me Nina Sepe estime que B. a des attaches familiales en Suisse, alors qu’il n’a aucun lien avec son pays d’origine. Pour le reste, l’avocate a déploré la durée «quelque peu excessive» de la peine ferme prononcée, qu’elle pourrait aussi contester en appel. «Mon client n’a pas voulu causer les dommages dramatiques qui ont résulté de ces brèves altercations. Par ailleurs, le tribunal n’a que peu tenu compte de la situation personnelle d’un homme qui aujourd’hui se reconstruit.»

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