Actualisé 02.07.2013 à 12:56

AllemagnePrison ferme pour un couple d'espions russes

Des Russes devront passer par la case prison, en Allemagne. Cette affaire d'espionnage est présentée comme la plus importante depuis la fin de la Guerre froide.

Deux Russes ont joué les espions, en Allemagne.

Deux Russes ont joué les espions, en Allemagne.

Un tribunal allemand a condamné mardi un couple d'agents secrets russes à des peines de prison ferme dans une affaire d'espionnage, présentée en Allemagne comme la plus importante depuis la fin de la Guerre froide.

La Cour régionale supérieure de Stuttgart (sud-ouest) a reconnu ces agents coupables d'espionnage pour le compte du KGB, les services de renseignements extérieurs de l'Union soviétique, et de son successeur russe le SVR.

Les deux accusés, dénommés sous une fausse identité comme Andreas et Heidrun Anschlag (qui signifie «attentat» en allemand), ont été respectivement condamnés à six ans et demi et cinq ans et demi de prison.

Faux papiers

Cet homme et cette femme, de nationalité russe, selon leur avocat, s'étaient installés, il y a plus de 20 ans, grâce à de faux papiers autrichiens, en Allemagne où ils ont mené une vie ordinaire pour cacher leur travail d'agents secrets.

«Les accusés connaissaient le commanditaire et le but» de leurs activités, a estimé la Cour.

Les deux espions s'étaient installés en Allemagne de l'Ouest en 1988, alors que le SVR s'appelait encore le KGB, et que le mur de Berlin n'était pas encore tombé.

Dans la vie de tous les jours, Andreas Anschlag menait des études d'ingénieur et travaillait pour l'industrie automobile, tandis que son épouse Heidrun était femme au foyer.

Armée dans la ligne de mire

Le duo collectait des informations sur les stratégies militaires et politiques de l'Union européenne et de l'OTAN, qu'ils obtenaient notamment par le biais d'un contact au sein du Ministère néerlandais des affaires étrangères.

Les documents étaient déposés dans des boîtes aux lettres abandonnées, ou sous des arbres, et récupérés par des employés du consulat général de Russie à Bonn, l'ancienne capitale d'Allemagne de l'Ouest.

Selon la présidente de la Cour de Stuttgart, Sabine Roggenbrod, les deux agents travaillaient comme deux «engrenages» d'une même horloge. «Ils se soutenaient pour le meilleur et pour le pire pour réussir leur mission», a-t-elle expliqué.

Parmi la panoplie d'outils qui leur servaient à communiquer avec leurs commanditaires en Russie: une radio à ondes courtes, un téléphone satellite pour transmettre des messages textes, et internet, notamment le site Youtube sur lequel ils postaient des commentaires.

Ils avaient été arrêtés en octobre 2011 après que la police allemande eut surpris la femme en train d'écouter des messages cryptés sur un émetteur.

Le Renseignement intérieur allemand s'était intéressé de plus près à ce couple après que le FBI américain avait découvert plusieurs années auparavant un réseau d'agents du SVR sur son territoire.

Selon le Parquet, le couple percevait contre ses informations plus de 100'000 euros par an.

A cette époque, un des agents qui officiait à Dresde en Allemagne de l'Est pour le compte du KGB était le président russe Vladimir Poutine. (afp)

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