Rixe en Valais: Prison ferme requise contre l'un des sept accusés
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Rixe en ValaisPrison ferme requise contre l'un des sept accusés

Sept jeunes impliqués dans une rixe à Monthey (VS) ont comparu mardi devant le Tribunal de Monthey (VS). Le procureur a requis la prison ferme pour l'un d'eux et demandé à la cour d'exempter de toute peine Rachel, qui comparaissait à la fois comme accusée et victime.

Le procureur André Morand a souligné la légère implication de la jeune femme dans la rixe et surtout le lourd tribut qu'elle a payé: Agée de 25 ans au moment des faits, soit le 13 janvier 2007, elle a eu les os de la face brisés et n'est pas encore tout à fait remise.

»Ce n'est pas acceptable que ma cliente soit sur le banc des accusés», a déclaré le défenseur de Rachel. Il a réfuté l'exemption de peine requise par le procureur et demandé pour sa cliente la libération de tout chef d'inculpation. Dans sa plaidoirie, il a raconté les souffrances de Rachel et de ses proches et demandé une indemnité pour tort moral de 60'000 francs.

A genoux et en pleurs

Pour le ministère public, un seul des accusés aurait sauvagement frappé Rachel alors qu'elle était à genoux et en pleurs. L'homme, un Kosovar âgé de 19 ans aux moments des faits, ne reconnaît qu'un seul coup de pied porté à la jeune femme.

Le ministère public a demandé une peine ferme de deux ans et demi dont la moitié pourrait être suspendue étant donné les regrets émis par le jeune homme et les bonnes dispositions dont il a fait preuve depuis.

»Je ne fais pas l'éloge du comportement de mon client, que l'on peut qualifier d'abject, mais on ne peut lui prêter des coups qu'il n'a pas donnés», s'est insurgé le défenseur du jeune homme. «Le procureur devait trouver une tête qui dépassait et il a trouvé celle de mon client», a-t-il asséné, demandant une peine avec sursis.

Travail d'intérêt général

Les défenseurs des quatre autres Kosovars impliqués dans la rixe ne se sont pas opposés aux requêtes du procureur. Ce dernier a demandé essentiellement des heures de Travail d'intérêt général (TIG).

Contre le Suisse qui accompagnait Rachel aux moments des faits et qui, lui aussi, comparaissait mardi à la fois comme victime et accusé, le procureur a requis soixante heures de Travail d'intérêt général avec sursis. Une requête balayée par son défenseur qui demande l'acquittement et 30'000 francs à titre de réparation morale.

Rixe ou agression

Au coeur des débats mardi après-midi figurait la question de la bagarre elle-même: doit-on la qualifier de rixe ou d'agression? Pour les défenseurs de Rachel et de l'ami qui l'accompagnait cette nuit- là, il s'agit d'une agression mue par une volonté de vengeance: les jeunes voulaient en découdre en raison de conflits antérieurs.

Pour les défenseurs des jeunes Kosovars, il ne s'agit pas d'un assaut unilatéral mais d'une rixe, soit une mêlée. La différence est d'importance pour les parties puisque l'agression est passible d'une peine plus lourde que la rixe.

Émotion palpable

L'affaire dite «Rachel» à suscité une grande émotion dans le canton et ailleurs en Suisse. «Elle pose la question de la violence des jeunes, et des jeunes étrangers en particulier», a relevé le procureur.

L'émotion était d'ailleurs palpable lors de l'audience où la surveillance policière était constante. Les applaudissements qui ont ponctué les plaidoiries des défenseurs de Rachel et de l'autre accusé-victime ont été rapidement réprimés par l'huissier.

Les défenseurs des jeunes Kosovars ont appelé le Tribunal à «ne pas satisfaire la vindicte populaire»: «Ce n'est pas parce qu'une affaire devient publique et émotionnelle et implique des étrangers qu'il faut changer l'échelle des peines», a lancé l'un d'eux. Le verdict est attendu vendredi. (ats)

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