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Abus de confiancePrison pour l'ex-chef des finances de Zoug

Le tribunal pénal de Zoug a condamné Ivo Romer à quatre ans et demi de prison pour abus de confiance, gestion déloyale et faux dans les titres.

Ivo Romer, à la sortie du tribunal. (7 février 2017)

Ivo Romer, à la sortie du tribunal. (7 février 2017)

Keystone

L'ancien chef des finances de la ville de Zoug Ivo Romer (PLR) a été condamné ce mardi à quatre ans et six mois de prison. Il a été reconnu coupable d'abus de confiance et de gestion déloyale.

Pour le tribunal pénal du canton de Zoug, il est établi qu'Ivo Romer, ancien responsable d'une fiduciaire, a détourné près de sept millions de francs d'une nonagénaire, dont il gérait la fortune. Lorsque la femme est décédée en 2011 à 96 ans, il ne restait plus que 15'000 francs sur son compte bancaire.

Avec l'argent détourné, l'ancien chef des finances de la ville de Zoug a mené un train de vie que ses 11'000 francs de salaire mensuel payé par la ville ne suffisaient pas à financer. Il s'est montré très généreux pour sponsoriser des événements sportifs.

Six ans et dix mois requis

Lors du procès en juin 2016, la procureure a requis une peine de six ans et dix mois de prison. Elle a demandé que le prévenu rembourse 3,8 millions de francs aux héritiers de la nonagénaire.

L'accusation a aussi souligné qu'Ivo Romer n'a montré aucun repentir et qu'il n'a pas coopéré pendant l'instruction. Il a refusé de répondre à plus de 800 questions posées par les enquêteurs. Le prévenu a commis des délits pendant six ans. Pendant l'enquête, il a encore vendu un terrain en Afrique du Sud qu'il avait acheté avec l'argent de la nonagénaire.

Lors de la première audience, Ivo Romer a refusé de répondre aux questions du juge sur l'affaire et sa personne. Il a juste accepté de dire qu'il travaille à temps partiel depuis quelques mois et qu'il gagne entre 500 et 1000 francs par mois.

Confiance

Pour la défense, Ivo Romer n'a en aucun cas détourné l'argent de sa cliente. La vieille dame a autorisé toutes les transactions opérées par le prévenu à qui elle faisait confiance, car elle ne voulait rien laisser à ses enfants. Elle voulait que sa fortune fonde pour que ses enfants n'héritent rien.

L'affaire a éclaté en novembre 2012 à cause d'un article de la Weltwoche révélant l'ouverture d'une enquête pénale contre le chef des finances de la ville de Zoug. Un jour après, M. Romer a démissionné de l'exécutif. Il a toujours affirmé que les accusations portées contre lui sont sans fondement.

Commission d'enquête parlementaire

L'affaire a été examinée par une commission d'enquête parlementaire (CEP). Son rapport publié en août 2014 met hors de cause l'exécutif de la ville de Zoug, mais souligne un manque de tact. Le chef du département des affaires sociales y est critiqué pour n'avoir pas su évaluer l'importance de cette affaire.

Les autorités de tutelle ont aussi été critiquées. La CEP voulait notamment savoir pourquoi la nonagénaire n'avait pas été placée sous tutelle comme le demandait sa famille. La commission d'enquête a constaté que les autorités de tutelle n'ont exercé aucune pression sur Ivo Romer pour qu'il réponde à la demande de la famille.

Le problème est qu'Ivo Romer faisait partie de l'exécutif et qu'il était donc automatiquement membre des autorités de tutelle. Il y avait là un conflit d'intérêt que personne n'a constaté pendant longtemps. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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