Espagne: Prison pour le président de la fédération de foot

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EspagnePrison pour le président de la fédération de foot

La justice a placé le président Angel Maria Villar et son fils Gorka en détention provisoire pour éviter que ceux-ci ne prennent la fuite.

Au centre, Angel Maria Villar, escorté par la police.

Au centre, Angel Maria Villar, escorté par la police.

AFP

La justice espagnole a ordonné jeudi le placement en détention provisoire du président de la fédération espagnole de football (RFEF) Angel Maria Villar et de son fils Gorka, a-t-on appris auprès du parquet.

Le juge d'instruction chargé du dossier a souhaité l'incarcération des deux hommes, soupçonnés de détournements de fonds et d'abus de confiance au détriment de la fédération, vu le risque de fuite «compte-tenu des moyens financiers» dont ils disposent, lit-on dans son ordonnance de placement en détention.

Père et fils arrêtés

Le père et le fils, arrêtés mardi avec deux autres hommes dont le vice-président en charge des affaires économiques de la fédération, sont mis en examen pour «détournements de fonds, abus de confiance et/ou escroquerie, faux en écriture et corruption entre particuliers», selon cette ordonnance.

Le juge Santiago Pedraz, de l'Audience nationale, haut tribunal chargé notamment des affaires politico-financières, affirme également avoir pris cette décision pour éviter que les accusés ne cherchent à altérer les preuves.

Le juge a également ordonné le placement en détention provisoire du vice-président de la RFEF, Juan Padron.

Soupçons de clientélisme

Ramon Angel Hernandez Baussou, président de la fédération régionale de Tenerife (îles Canaries), pourra lui éviter la prison moyennant une caution de 100'000 euros. Selon l'ordonnance de placement en détention, Angel Maria Villar, qui dirige la RFEF depuis 1988, aurait mis en place une structure qui permettait de détourner des fonds au profit de ses proches ou de lui-même.

Le juge énumère une longue liste de délits présumés, extraits de conversations téléphoniques à l'appui, allant de l'attribution de droits télévisés à la société d'un ami de Villar au versement de sommes d'argent à des dirigeants de fédérations régionales en échange de leur soutien.

Villar, qui est aussi vice-président de la Fifa et de l'UEFA, est soupçonné de «clientélisme tant dans l'embauche du personnel, essentiellement des membres de la famille, que dans l'attribution présumée arbitraire de contrats» en échange de contreparties, selon la décision de justice.

Salaires mirobolants

La société de son fils aurait également touché des sommes d'argent de fédérations nationales à l'occasion de matches amicaux contre la Corée du Sud, le Venezuela ou le Chili, précise le magistrat.

Sans compter des salaires mirobolants d'un montant global annuel de 5,5 millions d'euros pour une quarantaine d'entre eux, soit plus de 137'000 euros par personne et par an en moyenne...

Angel Maria Villar, réélu en mai malgré d'incessantes controverses sur sa gestion, pourrait dorénavant être suspendu par les autorités sportives espagnoles, avec lesquelles il a longtemps été en conflit ouvert. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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