Tribunal pénal fédéral: Prison requise contre un escroc présumé
Publié

Tribunal pénal fédéralPrison requise contre un escroc présumé

Le sexagénaire est accusé d'avoir détourné à son profit l'argent de plusieurs clients durant plusieurs années à Genève.

Le Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone.

Le Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone.

photo: Keystone

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a requis mercredi trois ans et deux mois de prison pour escroqueries par métier contre un financier qui avait eu pignon sur rue à Genève.

Ce ressortissant français, qui vit aujourd'hui à Barcelone, ne s'est pas déplacé à Bellinzone pour assister à son procès devant le Tribunal pénal fédéral. Lors de son réquisitoire, le procureur fédéral l'a taxé de «prédateur financier».

Un prédateur qui savait s'approcher très habilement de ses clients potentiels, a ajouté le représentant du MPC. Beau parleur, le financier impressionnait ses interlocuteurs par son nom à particule et l'adresse de ses bureaux, situés dans un immeuble chic de la rue du Rhône.

En l'espace d'une dizaine d'années, d'abord entre 2002 et 2005, puis en 2012, le financier a commis des malversations financières qui se montent à plus de 3,5 millions de francs, a calculé le procureur. Ce dernier a reproché à l'accusé d'avoir maintenu à flot son activité d'escroc en se servant de garanties bancaires falsifiées, de fausses signatures et de chèques non couverts.

Boeing présidentiel

Parmi ses victimes figure un homme d'affaires camerounais qui l'avait contacté pour l'achat d'un Boeing destiné au président Paul Biya. Le financier lui avait proposé de constituer une société anonyme.

Nommé administrateur de cette société, l'accusé a empoché pour ses besoins personnels plus de 1,6 million de francs destiné à l'achat de l'appareil. Le procureur a reproché à l'accusé d'avoir menti sur toute la ligne car il devait savoir qu'il était impossible de financer l'achat du Boeing, faute d'un capital initial suffisant.

Verdict attendu

Dans sa plaidoirie, l'avocat de l'accusé a réfuté les accusations du procureur qui présentent le sexagénaire comme un escroc professionnel. Celles-ci sont dépourvues de substance, a-t-il affirmé.

Le défenseur a expliqué que son client n'a pas cherché à tromper ses partenaires en affaires. Ce sont souvent eux qui avaient pris les initiatives, étant intéressés par les hauts rendements promis, a-t-il soutenu.

L'avocat a demandé que son client soit condamné à une peine compatible avec le sursis. Au cas où le TPF prononcerait une peine ferme, celle-ci ne devrait pas excéder dix-huit mois, soit l'équivalent de la détention préventive subie par l'accusé. Le verdict sera rendu ultérieurement. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion