Valais: Prison requise contre un membre UDC pour fraude électorale
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ValaisPrison requise contre un membre UDC pour fraude électorale

Une peine de prison avec sursis a été requise à l'encontre d'un membre de l'UDC accusé de fraude électorale lors des élections cantonales valaisannes de 2017.

L'homme a falsifié au moins 199 bulletins de vote.

L'homme a falsifié au moins 199 bulletins de vote.

Keystone

Le ministère public a requis jeudi 15 mois de prison avec sursis pour l'auteur présumé de fraude lors des élections cantonales valaisannes de 2017. L'homme a falsifié au moins 199 bulletins de vote dans le Haut-Valais.

Le procureur a estimé que l'individu, un ressortissant suisse de 31 ans domicilié dans le Haut-Valais et membre de l'UDC au moment des fait, a agi avec méthode et qu'il a déployé une grande énergie criminelle. Il a estimé qu'une peine pécuniaire ne se justifiait pas, mais a admis un sursis de trois ans.

Le ministère public a demandé au tribunal de reconnaître l'accusé coupable de vol, de faux dans les titres, de fraude électorale. Une amende de 2000 francs a été requise ainsi que l'obligation de prendre en charge les coûts de l'enquête de 41'000 francs.

Action non planifiée

Le défenseur a rejeté en bloc les allégations du procureur. Son client a certes commis une fraude électorale. Mais il n'a pas planifié ses actes. Le vol de bulletins de vote n'a pas été commis dans un but d'enrichissement. Le faux dans les titres est implicite dans la fraude électorale. L'accusé doit donc être acquitté de ces chefs d'inculpation, a estimé le défenseur.

Il a également contesté les coûts. La longueur de la procédure, les multiples analyses en sont la cause. Or, selon le défenseur, le procureur aurait pu se contenter d'une ordonnance pénale, d'autant qu'aucune prétention civile n'a été présentée. La procédure aurait ainsi été raccourcie et n'aurait pas engendré autant de coût.

La défense a aussi mis en avant les problèmes de santé de l'accusé. Au moment des faits, il était physiquement et psychiquement atteint, a dit l'avocat. Il prenait des médicaments et était sous l'influence de l'alcool. Le défenseur a demandé qu'une peine réduite soit prononcée.

Le procureur a balayé ces arguments. La défense aurait pu réclamer une expertise psychiatrique pour plaider l'irresponsabilité. Quant à une action sans planification, le procureur n'y croit pas. L'homme a écumé différents quartiers de Naters et de Brigue pour voler les bulletins de vote dans les boîtes aux lettres. Il a ensuite ouvert les enveloppes, rempli les bulletins de vote, signé et déposé les enveloppe dans les urnes. Il a fallu du temps et de l'énergie.

Le jugement sera rendu publiquement le 7 septembre prochain au tribunal de Brigue, a annoncé le juge à l'issue de l'audience.

Correctif possible

L'UDC, dont le candidat au Conseil d'Etat Oskar Freysinger n'avait pas été réélu, avait tenté d'invalider l'élection. Sa motion pour ajourner l'assermentation des membres du Conseil d'Etat avait été rejetée. Le parti avait aussi fait recours contre le résultat du scrutin, un recours retiré après l'arrestation du fraudeur présumé.

La fraude pourrait avoir influencé le résultat de l'élection au Grand Conseil dans l'arrondissement de Brigue. Le parti chrétien-social du Haut-Valais y a perdu un siège pour quelques voix au profit de l'UDC. Il a demandé des corrections s'il s'avère que la fraude a faussé le résultat. Le Grand Conseil attendra la fin de la procédure avant de se prononcer. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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