Prisonnière derrière les barreaux de Buckingham
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Lady Di et Kristen Stewart ne font qu’une dans «Spencer», qui évoque trois jours décisifs de la vie de la princesse.

par
Marine Guillain

Captivité C’est Noël. Diana Spencer, devenue Lady Di, s’apprête à passer les Fêtes avec la famille royale au Palais de Buckingham. Mais elle n’est plus la bienvenue. Son mariage avec le prince Charles s’est dés­agrégé et elle erre entre crises de boulimie et malaises, captive d’un emploi du temps milli­métré, régi par trois millions de protocoles.

Solitude Un dialogue de sourds avec son mari, une demi-­phrase échangée avec la reine, un masque pour les apparitions publiques: voilà en quoi consiste l’essentiel de la vie sociale de Diana l’esseulée, en dehors de ses enfants et des employés qui la surveillent.

Métamorphose La ressemblance entre la révélation de «Twilight» et la princesse de Galles est frappante. Kristen Stewart incarne viscéralement cette icône fragile et mystérieuse, pleine d’amour pour ses deux fils. Une performance qui autorise le spectateur à entrer dans l’intimité de cet être brisé, étouffé, mais qui refuse de renoncer à sa liberté. Là où Lady Di était – à son grand désarroi – au centre de toute l’attention, l’actrice est au cœur de chaque plan, éclipsant tout le reste.

Cauchemar Avec Pablo Larraín («Ema», «Neruda»), il ne faut surtout pas s’attendre à un biopic classique. Proche de son «Jackie» (avec Natalie Portman en Jackie Kennedy), «Spencer» se déroule aussi sur trois jours: les 24, 25 et 26 décembre 1991, dix ans après l’entrée officielle de Lady Di dans la famille royale. Mêlant fiction et réalité, cet anticonte de fées fantas­magorique à l’atmosphère ­glaçante n’est pas sans rappeler «Shining». À l’image de ce qu’a vécu la princesse, il est lent, long, pesant, oppressant… et ma foi, peu palpitant.

«Spencer»

De Pablo Larraín. Avec Kristen Stewart, Timothy Spall, Sally Hawkins. Sortie mercredi 26 janvier 2022. Note: ***

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