Trafic d'organes au Kosovo: Pristina appelle à ne pas adopter le rapport

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Trafic d'organes au KosovoPristina appelle à ne pas adopter le rapport

Le président par intérim du Kosovo, Jakup Krasniqi, a appelé vendredi les membres du Conseil de l'Europe à ne pas adopter comme document officiel le rapport de Dick Marty.

Le rapport établit par le conseiller aux Etats Dick Marty met en cause le Premier ministre kosovar sortant, Hashim Thaçi, dans un trafic présumé d'organes.

«Des accusations horribles contenues dans ce rapport visent à faire obstacle à la reconnaissance internationale de la République du Kosovo et à affaiblir le gouvernement kosovar dans le dialogue à venir avec la Serbie», a déclaré M. Krasniqi dans un communiqué.

Dans une lettre adressée à tous les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe et citée dans le communiqué, le président kosovar sollicite leur «soutien par le refus d'adopter ce rapport comme un document officiel» de l'institution européenne.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui avait demandé ce rapport, est appelée à se prononcer fin janvier sur le document établi par le conseiller aux Etats Dick Marty (PLR/TI) qui y évoque un trafic présumé d'organes prélevés en Albanie sur des prisonniers des maquisards indépendantistes kosovars, à la fin des années 1990.

Le rapport publié à la mi-décembre met en cause dans ce trafic un groupe de responsables de l'ancienne Armée de libération du Kosovo (UCK), dont faisait partie Hashim Thaçi.

«Mensonges»

Selon M. Marty, la plupart des victimes étaient des prisonniers serbes détenus dans des camps de l'UCK en Albanie. Dans le document de 27 pages, il parle notamment d'un «centre de réception dernier cri pour le crime organisé du trafic d'organes» près de Fushë-Krujë, à 20 km au nord de Tirana.

Le rapporteur recommande que la Mission européenne au Kosovo (Eulex) mène une enquête «pour faire toute la lumière» sur cette affaire et «les indications de trafic d'organes, de corruption et de la collusion si souvent dénoncée entre des groupes du crime organisé et des milieux politiques».

M. Thaçi a rejeté ce rapport en le qualifiant de «scandaleux», composé d'»éléments fabriqués et de mensonges».

Dans son communiqué, M. Krasniqi déclare que le Kosovo et toutes ses institutions sont ouvertes à toute enquête qui permette de mettre fin à cette affaire.

(ats)

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