Vaud: Privé de permis par la faute d'un autre
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VaudPrivé de permis par la faute d'un autre

Un homme ne peut plus conduire: il a tardé à réagir après un excès de vitesse alors qu'il n'était pas au volant. Il ne peut plus rétablir la situation.

par
Caroline Gebhard
Le jeune homme sanctionné n'est pas celui qui  figure sur la photo prise par le radar.

Le jeune homme sanctionné n'est pas celui qui figure sur la photo prise par le radar.

Axel* vit ce qu'il considère comme une «véritable injustice». Le 10 juillet 2013, il travaillait comme chauffeur temporaire pour La Poste, par l'intermédiaire d'une boîte de placement.

Ce jour-là, l'un des fourgons du géant jaune a été flashé à 79 km/h au lieu de 50 km/h à Gingins. Un mois plus tard, Axel, qui était arrivé au terme de son mandat, a reçu un courrier de la police.

La Poste l'ayant désigné comme l'auteur de l'infraction, il devait remplir des documents attestant qu'il était bien au volant. N'ayant pu obtenir la photo du radar auprès de la police, il s'est fié à la description qu'on lui en a faite et a assumé ses torts. Dans la foulée, il a perdu son permis et son nouvel emploi de livreur.

«Jusqu'au printemps, je pensais vraiment que j'étais responsable», poursuit Axel. Les mois passant, il se met pourtant à douter. En avril 2014, il obtient la photo par la justice. «Quand je l'ai vue, ça a été un choc!»

Et pour cause: il ne se reconnaît pas. Il se procure aussi son planning du 10 juillet 2013: «A l'heure de l'infraction, je n'étais plus en service!» Il y a quelques mois, il a saisi le Tribunal cantonal pour un réexamen de son dossier. Si les juges ont reconnu qu'il ne s'agissait pas de la personne figurant sur ces clichés, ils ont surtout relevé qu'Axel aurait dû réagir dans les délais légaux, car l'image existait dès le départ.

L'homme est dégoûté par le rejet de sa requête: «Je n'ai pas fait opposition, car je faisais confiance à mon ancien chef! Je paie pour un autre. Ce qui me dérange le plus, c'est qu'il continue à vivre sa vie normalement alors que moi, je galère.»

* Prénom d'emprunt

Pas près de pouvoir retoucher un volant

Cette infraction a entraîné l'annulation du permis de conduire à l'essai d'Axel, qui avait déjà eu un accident en 2010. Pour avoir le droit de le repasser, il doit suivre un processus long et coûteux, qui comprend des expertises psychologiques et des cours de prévention routière. Privé de son droit de conduire, il a dû mettre une croix sur sa carrière de livreur. Il travaille actuellement comme concierge. Interrogée sur cette affaire, La Poste a refusé de prendre position, arguant qu'il s'agit de «données personnelles couvertes par la confidentialité».

Il s'accuse à tort, la police le croit

Si Axel avait contesté être l'auteur de cet excès à temps, il aurait été convoqué par la police et confronté à la photo du radar. «Dès le moment où il reconnaît l'infraction, nous n'avons pas de raison de remettre en doute sa parole», note Jean-Christophe Sauterel, de la police cantonale. C'est sur cette base que la gendarmerie l'a dénoncé au Service des automobiles. Celui-ci ne reçoit pas les images des radars, puisque le travail d'identification des conducteurs en faute est réalisé en amont par les agents.

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