États-Unis: Privée de liberté pour avoir voulu danser
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États-UnisPrivée de liberté pour avoir voulu danser

Landry Thompson était venue à Houston pour danser, le week-end dernier. Mais la police locale n'a pas aimé le fait que l'adolescente blanche soit accompagnée de deux hommes noirs.

par
Cécile Fandos
Austin

Landry Thompson, Josiah Kelly et Emmanuel Hurd sont tous trois danseurs. Mais la première est une adolescente blanche, tandis que son partenaire et son professeur de danse sont des hommes noirs dans leur vingtaine. Et pour la police de Houston, ce trio retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche assoupi dans une voiture garée sur le parking d'une station-service de l'ouest de la ville était improbable. La chaîne de télévision locale de CBS, KHOU, rapporte que les agents patrouillant dans le secteur ont placé l'adolescente en foyer en attendant de retrouver ses parents, tandis que les adultes l'accompagnant étaient placés en garde à vue. «Ils étaient convaincus que j'étais une fugueuse», s'exclame la jeune fille, qui n'a cessé de répéter aux autorités que ses accompagnateurs étaient en mesure de prouver qu'ils avaient sa garde pour le week-end, et même proposé aux inspecteurs de danser pour eux afin de démontrer que tel était le but de leur voyage.

La mère de Landry est tout aussi outrée que sa fille. «J'ai reçu un coup de fil de la police de Houston me demandant si j'étais au courant que ma fille était avec deux hommes noirs. Et quand j'ai confirmé que oui, ils ont commencé à remettre en cause mes choix parentaux», dénonce-t-elle dans un second reportage de la chaîne.

«Nous nous sommes arrêtés pour vérifier l'emplacement de l'hôtel et comme nous étions assis là, nous nous sommes assoupis», explique Emmanuel Hurd, le professeur de danse urbaine, reconnaissant avoir été «flippé» par la situation.

Pour Landry Thompson, sa famille et ses accompagnateurs, le police de Houston a manqué de discernement en passant d'emblée les menottes aux trois voyageurs épuisés par une journée de répétitions dans un studio de la ville où ils étaient venus tourner une vidéo, sans écouter leurs explications, ni consulter les documents attestant de la légalité de la situation. «Emmanuel avait une lettre certifiée, les numéros de téléphone de toutes les personnes qu'il aurait pu avoir besoin de contacter au sujet de notre fille, il avait sa carte d'assurance santé, l'original de son certificat de naissance», détaille la mère de l'adolescente.

Un sénateur texan regrettait récemment que Houston soit «une plaque tournante de la traite sexuelle aux Etats-Unis», fournissant l'essentiel des quelque 300 000 victimes identifiées chaque année au Texas, qui compte lui-même pour un quart des cas enregistrés nationalement. Et la police de Houston défend ses agents en arguant qu'ils avaient des motifs de s'inquiéter, étant donné «la différence d'âge entre Landry et ses accompagnateurs et le fait que la jeune fille n'avait pas de famille dans la région de Houston».

Mais pour les Thompson, qui ont fourni toutes les précisions qu'on leur a demandées dans la nuit, il n'est pas normal que leur fille ait été retenue jusqu'à la mi-journée dimanche, tandis que ses accompagnateurs l'attendaient sur le parking du foyer. Avec le professeur de danse de Landry, ils envisagent une plainte pour discrimination raciale contre la police de Houston, indique KHOU.

(FranceUSAMedia.com)

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