Prix de l’énergie: le Conseil fédéral répond aux critiques

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SessionPrix de l’énergie: le Conseil fédéral répond aux critiques

Le National a tenu un débat urgent mercredi sur la hausse des prix du gaz et de l’électricité. Tous les partis avaient déposé des interpellations demandant des explications au Conseil fédéral. Qui a fait front.

par
Christine Talos
Les conseillers nationaux ont vivement critiqué le Conseil fédéral. (image d’illustration)

Les conseillers nationaux ont vivement critiqué le Conseil fédéral. (image d’illustration)

lematin.ch

L’ambiance était électrique ce mercredi au National qui avait à son agenda un débat urgent sur les prix de l’énergie. Tous les partis avaient déposé des interpellations urgentes qui bombardaient le Conseil fédéral de questions et de propositions pour aider la population et les entreprises. Mais le gouvernement est resté ferme, malgré les attaques et les critiques.

À l’image de celles de l’UDC: «La stratégie énergétique 2050 a échoué. Notre approvisionnement énergétique ne résiste pas suffisamment aux crises. Nous n’avons pas fait nos devoirs à l’intérieur du pays. Depuis vingt ans, la menace de pénurie est minimisée», a tonné Christian Imark (UDC/SO). «Le Conseil fédéral n’a pas la volonté de résoudre la crise au profit des consommateurs et des entreprises», a critiqué quant à lui Pierre-André Page (UDC/VD).

«La population aussi 'too big to fail'»

La gauche et le centre n’étaient pas plus tendres:   «Axpo n’est pas la seule à être 'too big to fail', la population suisse l’est aussi», a rappelé Cédric Wermuth (PS/AG).  «La passivité presque démonstrative dont a fait preuve le Conseil fédéral en répondant aux interpellations est incompréhensible. Il se retranche derrière le groupe de travail interdépartemental mis en place», a critiqué Nicolo Paganini (C/SG).  Philipp Matthias Bregy (C/VS) a appelé le Conseil fédéral à «être courageux».

Le PLR était un brin plus conciliant: «Bien que l’augmentation massive des prix de l’électricité soit difficile à digérer d’un point de vue économique, les mesures prises par le Conseil fédéral nous semblent dans l’ensemble appropriées», ainsi exprimé Matthias Samuel Jauslin (PLR/ZH). Avant de tacler: «Nous avons toutefois du mal à comprendre qu’il doive réagir pratiquement en urgence comme si ces risques de pénurie étaient apparus de manière totalement inattendue».

«Le Conseil fédéral ne sous-estime pas la situation»

Face à ces critiques, Guy Parmelin et Simonetta Sommaruga ont tenté de calmer le jeu. «Le Conseil fédéral est parfaitement conscient des défis posés par l’augmentation des prix de l’électricité pour les particuliers et pour les entreprises. Il ne sous-estime pas la situation», a assuré le ministre Vaudois. «Mais nous visons l’efficacité, le concret, et non pas l’agitation stérile», a-t-il rappelé. «Au cours de ces derniers mois, le Conseil fédéral a pris plusieurs mesures afin de mettre notre pays dans la meilleure position possible avec différentes garanties et différentes réserves», a abondé la Bernoise.

Les deux ministres ont ainsi rappelé que la Confédération était à pied d’œuvre depuis le début de l’année pour sécuriser l’approvisionnement. Et de souligner qu’en matière de gaz, la stratégie consistait à stocker à l’étranger 15% de la consommation annuelle de gaz naturel, et à disposer d’options pour 20% de gaz supplémentaire non russe. Des objectifs qui ont été atteints le mois dernier, selon Guy Parmelin. En parallèle, Berne négocie avec les pays voisins des accords de solidarité.

Mesures suffisantes pour l’instant

Questionné sur de possibles solutions pour protéger les ménages et les PME face à l’explosion des coûts de l’énergie, via l’introduction de chômage partiel par exemple, Guy Parmelin a répondu que le Conseil fédéral avait jugé jusqu’ici qu’il n’était pas nécessaire de prendre des mesures dans l’immédiat. Mais il a mandaté le groupe de travail – qui comprend des membres de cinq départements fédéraux – pour «examiner la nécessité d’éventuelles mesures en tenant compte de l’évolution des marchés de l’énergie et de ses retombées».

Guy Parmelin a conclu: «Les travaux avancent. Nous continuons à préparer le passage de la situation de préparation de crise actuellement à la situation éventuellement de crise. Mais en l’état actuel, les différentes mesures qui ont été prises sont, du point de vue de Conseil fédéral, suffisantes, et nous sommes sur la bonne voie.»

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