Actualisé 05.12.2007 à 16:37

Procès BCV: «les accusés doivent être acquittés»

La défense a commencé mercredi à donner sa version de l'affaire des comptes manipulés à la Banque cantonale vaudoise (BCV).

Ces plaidoiries, prévues sur trois jours, dénoncent des accusations sans fondement.

«Les accusés sont innocents et doivent être acquittés», a déclaré Me Christophe Piguet. «Ce sont d'honnêtes gens qui ont agi de leur mieux pour le bien du canton.»

«Ce n'est pas parce que le Parquet consacre neuf heures à un réquisitoire qu'il arrive à démontrer quoi que ce soit», a renchéri Me Philippe Richard. Il n'y a ni manipulation comptable, ni faux dans les titres, ni gestion déloyale dans la conduite de la banque durant les années 1996 à 2000.

Amnésie collective

«Les accusés ont pris des décisions commerciales, en toute bonne foi, avec la conviction de servir les intérêts de la BCV au plus près de leur conscience. Aujourd'hui, ils refusent de payer, car ils sont les seuls à avoir perdu quelque chose dans l'affaire: leur honneur, leur carrière et leur tranquillité».

Un à un, les avocats ont démoli le rapport Bernasconi. Cette expertise bâclée et réalisée uniquement à charge a pollué l'enquête à venir de manière irrémédiable, ont-ils dit. Elle a tétanisé les autres membres de la direction générale et du conseil d'administration qui sont devenus amnésiques.

Cloués au pilori

Publié sur internet, le rapport Bernasconi a cloué au pilori les accusés. Il les a proclamés d'emblée «archi-coupables», leur laissant des cicatrices qui ne s'effaceront peut-être jamais. «Si on avait voulu fabriquer une erreur judiciaire, on aurait pu difficilement faire mieux», a dit Me Jacques Michod.

Au fond, l'affaire BCV est due à bien peu de choses. Début 1997, l'hospitalisation du spécialiste incontesté des crédits et des provisions a créé le «désordre». Mais les atermoiements qui ont suivi ne constituent pas des manipulations et ne méritaient pas cinq ans d'instruction et cinq semaines de procès.

Cette première journée de plaidoiries de la défense a été consacrée à un tour de chauffe général. Les avocats des six accusés, quatre anciens dirigeants et deux ex-réviseurs, reviendront jeudi et vendredi sur les responsabilités de leurs clients respectifs.

Mardi, le Ministère public avait requis seize mois de prison avec sursis contre Gilbert Duchoud, l'ex-PDG de la banque. Il avait demandé des peines pécuniaires échelonnées entre 180 et 360 jours amende avec sursis à l'encontre des cinq autres accusés. Le verdict devrait tomber en janvier ou février 2008. (ats)

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