Procès Cleuson-Dixence: Les fissures au centre des débats
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Procès Cleuson-Dixence: Les fissures au centre des débats

Quatre personnes ont comparu vendredi devant le Tribunal de Sion (VS).

Elles devaient répondre d'homicide par négligence dans l'affaire de la rupture du puits blindé de Cleuson- Dixence en décembre 2000, qui avait fait trois morts.

Le procureur Jean-Pierre Gross a requis des peines pécuniaires allant de 4800 à 64 000 francs, avec sursis de deux ans, à l'encontre de deux anciens cadres de la défunte entreprise de construction Giovanola et de deux cadres d'EOS. Les défenseurs ont demandé l'acquittement de leurs clients.

Du temps et de l'argent

Dans son réquisitoire, le procureur a reproché aux accusés de ne pas avoir essayé de trouver les causes des fissures à l'origine de la rupture du puits blindé et leurs effets possibles. Il a également dénoncé un rythme de travail très élevé, «incompatible avec un tel ouvrage».

«On a fait passer des intérêts économiques et de réputation avant des impératifs de sécurité», a ajouté le ministère public. L'installation a été remise en activité alors que l'on avait pas compris ce qui s'était passé. «Le plus sage aurait été de faire les réparations après avoir découvert les causes. Mais cela aurait demandé du temps et de l'argent».

Des hypothèses

Les défenseurs ont réfuté en bloc la position du procureur. Ils estiment qu'elle ne repose que sur des hypothèses et qu'il n'est pas concevable de «condamner quelqu'un sur la base d'un dossier pénal constitué d'hypothèses», ont relevé Me Mariétan et Jordan, respectivement défenseur des anciens chef de contrôle de Giovanola et du directeur de production d'EOS.

Le juge Bertrand Dayer devra rendre son jugement rapidement. Le délai de prescription pénal tombe en effet lundi prochain.

Trois morts

La conduite forcée du puits blindé de l'aménagement hydro- électrique de Cleuson-Dixence s'était rompue le 12 décembre 2000. Des milliers de mètres cubes avaient jailli en un geyser de 50 mètres de haut. Un dizaine de bâtiments avaient été emportés, tuant deux femmes et un homme.

SDA/ATS

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