Actualisé 05.03.2012 à 20:38

Justice - FribourgProcès d'un cabaretier accusé de proxénétisme

L'administrateur de deux cabarets fribourgeois fait face à la justice à Fribourg. Cet homme de 46 ans est notamment accusé d'avoir encouragé la prostitution.

L'administrateur de deux cabarets fribourgeois fait face depuis lundi à la justice à Fribourg. Cet homme de 46 ans est notamment accusé d'avoir encouragé la prostitution, entre autre délits. Il était présent lors de la première journée du procès.

Il comparaît devant le Tribunal pénal de la Sarine après plus de cinq ans d'enquête. Il est inculpé de traite d'êtres humains et d'encouragement à la prostitution à l'égard de 305 «artistes».

Il est aussi accusé de contrainte, d'escroquerie, d'usure, de faux dans les titres et gestion déloyale. Il aurait dû répondre de ces accusations en septembre dernier mais il n'était pas en état de le faire pour raison de santé. Son procès avait donc été reporté.

Les faits se sont déroulés entre 2003 et 2006 dans deux établissements de Fribourg aujourd'hui fermés. Les «artistes» n'avaient d'autre choix que de se prostituer, avait résumé en mai 2010 la juge d'instruction Yvonne Gendre.

Le prévenu était cette fois présent à son procès. Selon son avocat Me Jean-Luc Maradan, «l'audience s'est déroulée selon le programme prévu», avec l'audition de son client. «Les différents aspects de l'affaire ont été évoqués», a-t-il indiqué lundi soir à l'ats.

Filles amendées

Les danseuses des cabarets étaient partiellement rémunérées en fonction de leurs ventes de bouteilles de champagne. Une amende de 100 francs était infligée si l'artiste amenait son téléphone portable sur son lieu de travail ou si elle donnait le numéro de téléphone au client par exemple.

Si elle invitait un client dans sa chambre sans que celui-ci ait préalablement acheté une bouteille de champagne au cabaret, la danseuse était sanctionnée d'une amende de 310 francs. Leurs passeports étaient pris et conservés durant plusieurs jours, parfois jusqu'à la fin du contrat.

Caméras de surveillance

Par ailleurs, des caméras étaient dirigées vers les portes des studios et chambres des artistes du premier cabaret et sur l'ascenseur de l'immeuble où elles logeaient dans le second établissement. Selon plusieurs déclarations en procédure, cela servait à vérifier qu'elles ne se rendaient pas dans leurs chambres avec des clients qui n'auraient pas acheté de champagne.

De très nombreux documents ont été examinés dans le cadre de cette affaire. Ils gonflent plus de 100 classeurs. Le procès devrait durer plusieurs jours, répartis durant le mois de mars. La prochaine audience aura lieu le 12 mars avec l'audition de témoins. (ats)

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