Actualisé 08.05.2008 à 15:33

Procès de Crossair: témoignage accablant pour les accusés

Un ex-pilote de Swissair spécialiste de sécurité aérienne n'est pas tendre avec l'ex-compagnie d'aviation.

«Les pilotes de Crossair étaient mal organisés et les conditions de sécurité de la compagnie étaient insuffisantes». Un ex-pilote de Swissair, responsable du concept de sécurité du Bureau d'enquête sur les accidents d'aviation (BEAA), l'a dit jeudi à Bellinzone.

Après le témoignage plutôt neutre d'André Auer, ex-directeur de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), celui de Max Wipf, ex- pilote de Swissair et chargé du concept de sécurité du Bureau d'enquête sur les accidents d'aviation (BEAA) a été accablant pour les accusés.

«Pas de culture de la sécurité»

«Il y avait d'énormes contradictions au sein de Crossair, des problèmes internes à résoudre», a dit le témoin devant le Tribunal pénal fédéral. «Les pilotes de Crossair étaient mal organisés.» Max Wipf a expliqué qu'il collaborait avec André Auer pour ce qui était des recommandations à faire à Crossair sur les normes à respecter et des contrôles en matière de sécurité.

«La compagnie», a-t-il déclaré, «ne pratiquait pas la culture de la sécurité et la catastrophe de Bassesdorf est la conséquence fatale de ce manque de culture.» Le témoin est allé plus loin encore en expliquant que Moritz Suter, fondateur et patron de Crossair, «avait fait ôter de ses avions des dipositifs de stabilisation pour les atterrissages et autres systèmes de sûreté qu'il trouvait trop chers.»

Son témoignage a été contesté à plusieurs reprises par André Dosé, ex-directeur de Crossair. Avec Moritz Suter et quatre autres prévenus mineurs, il répond d'homicide par négligence et de lésions corporelles graves par négligence. Selon le Ministère public de la Confédération (MPC), les inculpés sont responsables du crash d'un Jumbolino qui avait fait 24 morts le 24 novembre 2001 à Bassersdorf près de Zurich.

(ats)

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