Procès de deux médecins du CHUV: chirurgiens acquittés
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Procès de deux médecins du CHUV: chirurgiens acquittés

Le Tribunal correctionnel de Lausanne les a libérés mercredi de toutes les charges retenues contre eux. Une jeune femme est morte en mars 2001 après une opération de réduction gastrique.

Aucune «carence» ne peut être reprochée aux deux chirurgiens, a déclaré la présidente de la Cour en écartant les accusations d'homicide par négligence, de lésions corporelles graves ou d'exposition (mise en danger de la vie d'autrui). La jeune femme, qui souffrait d'obésité morbide, est décédée à la suite d'»une complication exceptionnelle et malheureuse».

«Pas de responsabilité», «pas de comportement délictueux», «pas de causalité entre leurs actions et le décès»: le Tribunal a complètement blanchi les deux praticiens qui ont eu en charge la jeune femme née en 1967. Il a suivi en cela le Ministère public qui avait abandonné l'accusation.

Des zones d'ombre

Il reste certes des éléments «inexplicables» dans cette affaire, mais absolument rien qui puisse être imputé à ces deux hommes, sur lesquels tous les renseignements pris sont par ailleurs excellents, a noté la présidente.

Elle a exprimé malgré tout des «regrets» vis-à-vis du spécialiste du by-pass. Lorsqu'il n'était pas au CHUV car de garde ailleurs, il aurait pu confier sa patiente à un autre médecin plus «disponible». Il aurait dû en outre faire plus qu'être seulement «agacé» en apprenant que le service des soins intensifs n'agissait pas comme prévu.

Enchaînement fatal

Pour rappel, la jeune femme a été opérée le 13 mars 2001. Le lendemain, elle est mise aux soins continus, mais le 15 son état se péjore, nécessitant une admission aux soins intensifs. Dans l'après- midi, elle est intubée, puis est victime d'un arrêt circulatoire de 11 minutes qui laissera des lésions irréversibles. Réopérée en soirée, elle décède le 18.

Durant de très longues audiences et à coups d'expertises nombreuses, les parties se sont disputées pour savoir ce qui s'était réellement passé au CHUV. Pour la défense des chirurgiens, seuls les soins intensifs pouvaient être éventuellement blâmés, alors que l'avocat de la famille, Me Philippe Richard, dénonçait un système de dilution des responsabilités.

CHUV en ligne de mire

Après le verdict, Me Richard a indiqué qu'il n'avait pas pris de décision sur un éventuel recours au Tribunal cantonal. En revanche, il s'est dit déterminé à entreprendre une action civile contre le CHUV, dont les «graves dysfonctionnements» ont porté préjudice à sa cliente.

Pour sa part, le défenseur du spécialiste du by-pass, Me Daniel Pache, s'est félicité de «cette belle victoire» qui montre que «la médecine est un art complexe». Le tribunal a mis les frais à la charge de l'Etat. (ats)

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