Actualisé 05.12.2007 à 15:53

Procès de Dorothée Fierz: L'avocat plaide l'acquittement

L'avocat de l'ancienne conseillère d'Etat zurichoise Dorothée Fierz, inculpée pour violation du secret de fonction, a plaidé l'acquittement mercredi devant le Tribunal du district de Zurich.

Le procureur a requis 60 jours-amendes à 310 francs avec sursis et une amende de 3000 francs.

L'accusation se base uniquement sur les affirmations de l'ancien responsable de la communication du Département cantonal des travaux publics que dirigeait Mme Fierz, a contesté l'avocat de la radicale. L'ancienne conseillère d'Etat et trois cadres sont accusés d'avoir livré des documents confidentiels à deux médias zurichois.

Le procès a lieu mercredi et jeudi. Le procureur requiert entre 21 et 45 jours-amendes et entre 1000 et 1500 francs d'amende contre les trois co-accusés de Mme Fierz.

Le chef de la communication a avoué avoir livré personnellement les documents en question le 27 avril 2006. Il affirme cependant que Mme Fierz et les cadres de son département avaient accepté la stratégie. Jugé lors d'une procédure séparée, il a été condamné à 45 jours-amendes à 120 francs et à une amende de 1000 francs.

L'ancienne magistrate et les trois cadres nient avoir accepté ou même toléré cette fuite. Aucune proposition concrète n'a été discutée et il n'y a pas eu d'accord, pas même tacite, a insisté Dorothée Fierz devant les juges.

Capable de mensonge

Des déclarations fausses de l'ancien chef de la communication à propos d'une affaire non liée au procès montrent en outre qu'il lui arrive de mentir et qu'il n'est pas crédible, a déclaré le défenseur de Mme Fierz.

Le chef de la communication s'est exprimé avec grande prudence lors des auditions des enquêteurs, affirmant souvent «c'est du moins ainsi que je l'ai perçu», a ajouté l'avocat. Et de fait, a-t- il poursuivi, le porte-parole a peut-être vraiment mal compris. Il aurait en effet déclaré que «ce serait une bonne idée si les journalistes pouvaient lire les documents noir sur blanc».

Aux yeux du procureur en revanche, la proposition de fournir ces documents à la presse a été décidée en commun avec la conseillère d'Etat et ses trois cadres. Il s'agissait de permettre «une communication basée sur les faits» dans le conflit qui opposait la radicale à sa collègue Rita Fuhrer (UDC) à propos d'une réorganisation de l'Office des routes.

«Je ne serai pas au courant»

Les accusés auraient dit au porte-parole «vas-y, mais je ne serai pas au courant». Pour le procureur, cette explication est plus crédible que les dénégations des accusés. D'autant plus que deux «rencontres conspiratives» auraient eu lieu entre le porte- parole et la conseillère d'Etat.

Lâchée par son parti, Dorothée Fierz avait annoncé sa démission quelques jours après la publication des informations confidentielles. Elle avait déclaré assumer la responsabilité politique de ce qui s'était passé, tout en niant avoir commis une faute pénale.

(ats)

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