Actualisé 26.10.2009 à 13:18

Lausanne

Procès du trader accusé d'avoir creusé un trou de 40 millions de francs

Un courtier en aluminium comparaît depuis lundi devant un tribunal lausannois. Il est accusé d'avoir spéculé à outrance, creusant un trou de près de 40 millions de francs.

Pour la défense, le montant du dommage n'est pas établi et la direction a fermé les yeux.

Entre 2004 et 2006, le trader lausannois et son supérieur direct à Londres se sont lancés dans des opérations hasardeuses, à l'insu de leur direction, le groupe britannique Noble Resources. Ils ont spéculé sur le cours de l'aluminium, établissant ensuite des contrats fictifs pour dissimuler leurs pertes.

Jugé au civil à Londres, le trader anglais a été condamné à payer une amende de 38 millions de dollars. Il revient au Tribunal correctionnel de Lausanne de juger le courtier lausannois, aujourd'hui âgé de 38 ans. Le procès devrait durer une semaine.

Affrontements

De part et d'autre de la barre, les avocats s'affrontent. La défense, emmenée par Me Laurent Moreillon, a réclamé en vain une expertise neutre pour déterminer «l'éventuel dommage». L'accusé conteste avoir outrepassé les règles de trading fixées par son employeur et accuse la direction d'avoir «fermé les yeux».

«Dans cette affaire détestable», Me Thomas Steinmann, avocat de Noble, a demandé à la justice de donner «un signal fort». Il a rappelé qu'au début des années 2000 Noble avait eu le courage de reprendre les activités du groupe André, tombé en faillite.

Après des débuts difficiles, la société de négoce de matières premières s'est développée et emploie désormais quelque 200 personnes à Lausanne, où se trouve son siège européen. Le groupe britannique compte près de 3000 employés dans le monde.

Confiance bafouée

Pour Me Steinmann, ce procès n'est «pas seulement une question de dommage à 40 millions». Dans cette affaire, un principe essentiel, la confiance, a été «complètement bafoué». «Toute l'industrie des matières premières est visée. Ces pratiques ne peuvent plus être tolérées et les entreprises ne doivent pas les cacher». (ats)

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