Actualisé 23.06.2020 à 17:50

Hinwil (ZH)

Peine ferme requise contre un néonazi allemand

L’homme a été jugé mardi pour possession d’armes et discrimination sur les réseaux sociaux. Selon la télévision alémanique, il serait aussi l’organisateur d’un concert, qui avait attiré 5000 personnes d’extrême droite à Unterwasser (SG) en 2016.

Le Tribunal de district de Hinwil (archives).

Le Tribunal de district de Hinwil (archives).

KEYSTONE

Un néonazi allemand de 32 ans, accusé de discrimination raciale et de violation de la loi fédérale sur les armes, a comparu mardi devant le tribunal de district de Hinwil (ZH). En 2019, la police avait découvert au domicile du prévenu un véritable arsenal, caché sous le lit: un fusil d'assaut, un pistolet-mitrailleur et près de 2000 cartouches. L'homme est accusé de possession illégale d'armes. L'acte d'accusation ne donne en revanche aucune information sur ce que le trentenaire voulait faire avec ces armes.

Le prévenu est également jugé pour un commentaire sur Facebook à propos du témoignage d'un survivant du camp d'Auschwitz (Pol). Il avait commenté le texte avec un émoji «facepalm» qui consiste à se couvrir le visage ou les yeux avec la paume de la main. Il avait ajouté que sept millions de juifs avaient survécu. Pour le procureur, il est clair que l'accusé a voulu suggérer que les choses n'avaient pas été si terribles à Auschwitz. Il se rend ainsi coupable de discrimination raciale, estime l'accusation.

Seize mois de prison ferme requis

Le procureur a requis une peine de 32 mois de prison, dont 16 ferme. Il a également requis une interdiction de territoire de 14 ans, soit un an de moins que le maximum autorisé, contre l’accusé, qui est retourné vivre en Allemagne en février.

Ce dernier a nié être un néonazi. Il a affirmé avoir simplement sympathisé «avec les aspects positifs de cette époque», tels que l'honneur et la loyauté, qui n'existent plus aujourd'hui. Son tatouage d'une croix gammée, par exemple, est un symbole du soleil et non un signe de haine ou de violence, a-t-il avancé.

Il a admis avoir écrit le commentaire sur Facebook au sujet d'Auschwitz, mais a refusé de témoigner au sujet des armes cachées chez lui. Son avocat a plaidé pour une peine de 100 jours-amendes à 10 francs pour violation de la loi sur les armes, avec une période probatoire de 3 ans.

La Cour rendra son verdict ultérieurement.

Nombreux tatouages nazis

Le prévenu est connu des autorités depuis longtemps, y compris en Allemagne. Compte tenu de ses tatouages, il peut difficilement nier qu'il évolue dans la scène néonazie: ses épaules et ses genoux arborent des croix gammées. Il s'est aussi fait graver sur la peau le portrait du criminel de guerre Fritz Sauckel, condamné pour crime contre l'humanité. Ce gauleiter de la région de Thuringe (responsable régional administratif et politique du parti nazi), d'où le prévenu est originaire, Sauckel était responsable de la déportation vers l'Allemagne de travailleurs des pays occupés par les troupes nazies.

Un concert qui avait mal passé

Selon la télévision alémanique, l'accusé est aussi l'organisateur de la «Rocktoberfest» qui s’était déroulée en 2016 à Unterwasser, dans le canton de Saint-Gall. Plusieurs milliers de personnes avaient participé à ce festival d'extrême droite. L'affaire avait fait la une des journaux en Suisse et à l'étranger.

Toutefois, faute de preuves que la loi antiraciste ait été violée, la justice avait renoncé à donner suite à la plainte pénale déposée après ce rassemblement.

Twitter – antifa Bern
(ATS/jfz)

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