Ain - Procès d’une escort girl pour le meurtre de son client en France voisine
Publié

AinProcès d’une escort girl pour le meurtre de son client en France voisine

Le procès vise à déterminer si la jeune femme de 25 ans, aussi serveuse à Genève et à Lausanne, a tué de sang-froid ou s’il s’agit de légitime défense.

1 / 5
La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

20 minutes / jef
Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

20 minutes/ jef
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.

20 minutes / jef

Meurtre de sang-froid ou légitime défense? Une jeune escort girl comparaît lundi devant les assises de l’Ain pour «meurtre et escroquerie», accusée d’avoir tué à coups de couteau Jean-Luc D., 52 ans, dans la nuit du 16 au 17 août 2017, à Saint-Genis-Pouilly, dans l’Ain (F). Anaëlle P., 25 ans, qui exerçait des activités de serveuse et d’escort dans la région genevoise, a reconnu avoir transporté le corps de cet ingénieur informaticien dans le coffre de sa voiture, jusqu’en Italie. Sa dépouille a été retrouvée en partie calcinée sur la commune de Fenis, dans la vallée d’Aoste, à proximité de l’autoroute A5.

La jeune femme entretenait une relation depuis un an et demi avec l’ingénieur résidant à Lyon, «à la frontière de la vie de couple et de la prostitution», selon l’expertise psychiatrique. Un soir, à son domicile du Pays de Gex, Anaëlle P. affirme que son client régulier est devenu très violent lors d’une scène sadomasochiste. Elle affirme avoir été violée et frappée, avant de s’emparer d’un couteau pour «stopper» les violences. L’autopsie indique que la victime a reçu quatre coups de couteau, au cou et dans le dos. Pour l’accusation, l’utilisation de la carte bancaire du défunt, le transport du corps, et des travaux de peinture pour dissimuler des traces de sang sur les murs, sont incompatibles avec la thèse de la légitime défense.

Sous l’effet de la panique

Le fait d’avoir simulé des échanges de SMS après le crime, pour faire croire que l’homme était encore en vie, ajoute au cynisme du crime, selon l’accusation. Autre élément à charge: d’autres prostituées ont indiqué que l’ingénieur ne s’était pas montré violent, contrairement à la description de l’accusée. La jeune femme dit qu’elle a agi sous l’effet de la panique. Son avocat, Jean-Félix Luciani, entend démontrer que son acte a été déterminé par l’emprise et la violence. Le pénaliste lyonnais devrait plaider l’acquittement.

Le procès devrait aussi s’attarder sur la personnalité de l’accusée, qui présente une «fragilité narcissique» selon l’expertise psychiatrique, marquée par «une activité sexuelle addictive». Serveuse à Lausanne et à Genève, Anaëlle P. avait des activités de call-girl pour des prestations de 500 à 1300 euros, une à deux fois par semaine selon ses déclarations. D’anciens clients et des relations de la victime devraient venir témoigner au procès. Suspectés d’avoir contribué à transporter le corps, des proches de la jeune femme ont finalement été mis hors de cause. Anaëlle P. a par ailleurs été condamnée en Italie en 2019 pour recel et atteinte à l’intégrité de cadavre. Les débats doivent s’achever mercredi.

(AFP)

Ton opinion

97 commentaires