Société allemande jugée après l’effondrement d’un barrage au Brésil
Publié

Allemagne Procès d’une société après l’effondrement d’un barrage au Brésil

La société TÜV SÜD est accusée en Allemagne d’avoir falsifié la certification d’un barrage au Brésil dont l’effondrement a fait 270 morts début 2019. Près de 1200 victimes pourraient être indemnisées.

L’effondrement du barrage de Brumadinho, en janvier 2019, avait libéré des millions de tonnes de résidus miniers. La catastrophe avait fait 270 morts. 

L’effondrement du barrage de Brumadinho, en janvier 2019, avait libéré des millions de tonnes de résidus miniers. La catastrophe avait fait 270 morts.

AFP

La société d’audit TÜV SÜD, accusée d’avoir falsifié la certification du barrage de Brumadinho au Brésil dont l’effondrement a fait 270 morts début 2019, a comparu mardi devant la justice allemande, dans un procès qui pourrait conduire à une large indemnisation des victimes. Les avocats de la collectivité brésilienne de Brumadinho, dans le sud-est du pays, et des proches d’une victime ont demandé des dommages et intérêts à l’entreprise allemande, lors de cette audience devant un tribunal de Munich. Après avoir entendu les parties, la juge a indiqué vouloir rendre sa décision le 1er février prochain. Jusqu’à cette date, aucune nouvelle audience n’est prévue, mais les parties devront répondre à des questions écrites posées par le tribunal.

TÜV SÜD est accusée d’avoir falsifié des documents pour certifier la sécurité de ce barrage minier, situé près de la ville de Brumadinho. Le groupe allemand a rejeté les accusations, affirmant ne porter aucune responsabilité dans le drame, déclenché selon lui par des travaux postérieurs à la certification.

1200 victimes indemnisées?

«Je veux la justice. Chacun doit prendre ses responsabilité», a répliqué lors du procès Gustavo Barroso, le frère d’une victime de la catastrophe. Avec ses parents, son beau-frère, et la collectivité de Brumadinho, il demande la reconnaissance de la responsabilité de TÜV SÜD et des dommages intérêts compris entre 10'000 et 70'000 euros (entre 10'800 et près de 76'000 francs). Un jugement en ce sens ouvrirait la voie à l’indemnisation de «1200», victimes et proches de victimes, selon les avocats des demandeurs. «Le tribunal a formulé de nombreuses questions qui s’adressent principalement à TÜV. Cela signifie qu’il voit une responsabilité», a estimé auprès de l’AFP Jan Erik Spangenberg, l’un d’entre eux.

«Assumer»

L’entreprise allemande «doit maintenant assumer en Allemagne ce qu’ils ont fait à des milliers de kilomètres», a commenté dans un communiqué Pedro Martins, avocat chez PGMBM, également présent aux côtés des proches de victimes. Son cabinet affirme avoir des «preuves montrant que TÜV SÜD a certifié que ce barrage était sûr alors qu’il ne l’était pas». Selon lui, «c’est un fait qu’ils connaissaient mais qu’ils ont ignoré.»

270 morts en 2019

En janvier 2019, la rupture du barrage de Brumadinho a tué 270 personnes et dévasté cette petite ville de 40'000 habitants. La catastrophe a libéré des millions de tonnes de résidus miniers qui ont englouti toute une région et provoqué un désastre écologique majeur. L’enquête policière au Brésil a établi que le certificat de sécurité, délivré par la société TÜV SÜD, contenait des informations fausses.

Vale a indemnisé

Selon les autorités, le barrage ne remplissait en effet pas les critères de sécurité déterminés par les normes internationales. Début 2021, la société minière Vale, responsable du barrage, a déjà accepté de payer 7 milliards de dollars (6,5 milliards de francs) pour remédier aux conséquences sociales et écologiques de la rupture du barrage. Sur cette somme, 1,7 milliard de dollars ont été affectés directement aux personnes touchées. La justice brésilienne a également ailleurs initié des poursuites pénales contre plusieurs salariés et responsables de TÜV SÜD et de Vale.

(AFP)

Ton opinion

1 commentaire