Actualisé 03.02.2018 à 06:06

BruxellesProcès sous haute sécurité pour Salah Abdeslam

Le suspect clé des attentats de Paris est jugé à Bruxelles dès lundi pour une fusillade avec des policiers belges pendant sa cavale. Les mesures de sécurité sont particulièrement fortes.

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Sofiane Ayari, ici juste après son arrestation en 2016.   La justice belge l'a inculpé dans  l'enquête sur les attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles. (Vendredi 2 juin 2018)

Sofiane Ayari, ici juste après son arrestation en 2016. La justice belge l'a inculpé dans l'enquête sur les attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles. (Vendredi 2 juin 2018)

AFP
C'est confirmé. Salah Abdeslam ne sera pas jugé en Belgique pour une fusillade avec des policiers. (23 mai 2018)

C'est confirmé. Salah Abdeslam ne sera pas jugé en Belgique pour une fusillade avec des policiers. (23 mai 2018)

AFP
Salah Abdeslam a décidé de ne pas faire appel de sa condamnation à 20 ans de prison. (Lundi 14 mai 2018)

Salah Abdeslam a décidé de ne pas faire appel de sa condamnation à 20 ans de prison. (Lundi 14 mai 2018)

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Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, comparaît pour la première fois publiquement à partir de lundi à Bruxelles, pour sa participation présumée à une fusillade avec des policiers à la fin de sa cavale en mars 2016.

Ce procès qui durera quatre jours nécessite la mise sur pied d'un dispositif de sécurité hors normes dans et aux abords du palais de justice, un gigantesque bâtiment public souvent décrié pour sa vétusté. La présence policière et les mesures de sécurité seront pour l'occasion renforcées, les professions judiciaires devant se soumettre, comme le public et les journalistes, au détecteur de métaux. Le stationnement sur les parkings jouxtant le palais sera interdit, la circulation fermée dans la rue située derrière l'édifice et le ciel surveillé par des hélicoptères.

Unités d'élite présentes

Les arrivées et départs quotidiens de Salah Abdeslam, qui doit être incarcéré pendant le procès dans une prison du nord de la France, à Vendin-le-Vieil, se feront sous l'escorte d'unités d'élite, par la route ou par hélicoptère. Aucune option n'est exclue. La décision sera prise au dernier moment.

Tentative d'évasion ou de suicide du prévenu, risque d'attentat: tous les scénarios mobilisent l'attention des forces de sécurité. Mais pour Luc Hennart, maître d'oeuvre du procès en tant que président du tribunal de première instance francophone de Bruxelles, cette audience correctionnelle doit malgré tout rester «normale». A l'inverse d'un accusé aux assises, qui comparaît dans un box, le prévenu sera placé comme à l'habitude face au tribunal, au premier rang de la salle d'audience, tournant le dos au public.

D'abord mutique Ce procès, initialement prévu en décembre, est très attendu pour évaluer à quel point Salah Abdeslam est prêt à collaborer avec la justice, alors qu'il est resté mutique devant les enquêteurs tout au long de ses vingt-et-un mois d'incarcération en France.

Agé aujourd'hui de 28 ans, ce Français d'origine marocaine qui a grandi à Molenbeek, s'est retrouvé au coeur d'une cellule djihadiste, impliquée dans au moins trois dossiers terroristes majeurs.

Les attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts), ceux du 22 mars 2016 à Bruxelles (32 morts) et l'attaque avortée dans le train Thalys Amsterdam-Paris en août 2015 relèvent «peut-être d'une unique opération» de l'organisation Etat islamique (EI), selon le parquet fédéral belge. Une association de victimes du terrorisme créée en Belgique à la suite des attaques du 22 mars, V-Europe, vient d'ailleurs de réclamer d'être partie civile au procès de cette fusillade, survenue le 15 mars 2016 lors d'une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises de la cellule, située rue du Dries à Forest.

Trois policiers avaient été blessés et un djihadiste, algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd, tué en faisant face aux policiers pour couvrir la fuite d'Abdeslam et d'un complice, Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans qui sera jugé avec lui. Une empreinte ADN du survivant des commandos du 13 novembre avait été découverte dans la planque.

40 ans de prison

L'échange de tirs, puis la fuite d'Abdeslam et Ayari avaient précipité la fin de sa cavale. Les deux djihadistes avaient été interpellés trois jours plus tard, le 18 mars, à Molenbeek, une arrestation considérée par le enquêteurs comme l'élément déclencheur des attentats du 22 mars, quand trois kamikazes se sont fait exploser à l'aéroport et dans le métro de la capitale belge.

Pour Me Guillaume Lys, avocat de V-Europe, «la fusillade de la rue du Dries s'inscrit dans un continuum entre le 13 novembre et le 22 mars». «Et les victimes des attentats ont besoin et ont le droit d'avoir des réponses» sur ces faits de Forest, ajoute-t-il. Cette constitution de partie civile de dernière minute pourrait être mal accueillie par la défense des deux prévenus à l'ouverture du procès lundi, mais plusieurs sources dans le dossier excluent tout nouveau report.

L'audience, qui devait initialement se tenir à la mi-décembre devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, avait été reportée pour laisser le temps à Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam tout juste rappelé à ses côtés, de préparer sa défense.

Ce pénaliste belge réputé l'avait assisté après son arrestation mais avait jeté l'éponge sept mois plus tard en critiquant l'attitude incompréhensible de son client. A ce procès, Salah Abdeslam et Sofiane Ayari doivent répondre de «tentative d'assassinat sur plusieurs policiers» et «port d'armes prohibées», le tout «dans un contexte terroriste». Ils encourent jusqu'à 40 ans de prison. (nxp/afp)

Sécurité hors normes

Le procès de Salah Abdeslam qui doit s'ouvrir lundi à Bruxelles nécessite la mise sur pied d'un dispositif de sécurité hors normes dans et aux abords du palais de justice. Le gigantesque bâtiment public est souvent décrié pour sa vétusté.

D'une superficie supérieure à celle de la basilique Saint-Pierre de Rome, ce bâtiment du XIXe siècle «exceptionnel par ses dimensions», compte «1530 portes et 1513 fenêtres», décrivaient les autorités belges en 2008 en le proposant pour l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

(NewsXpress)

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