Proche-Orient: Olmert exige l'application des conditions du Quartette
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Proche-Orient: Olmert exige l'application des conditions du Quartette

Le premier ministre israélien Ehud Olmert a exigé dimanche des Palestiniens l'application «totale» des conditions posées par le Quartette.

Le Hamas refuse toutefois toujours de reconnaître l'Etat hébreu.

Le Quartette (Etats-Unis, ONU, Russie, Union européenne) exige la reconnaissance d'Israël et des accords conclus dans le passé entre Israël et l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), ainsi qu'une renonciation à la violence.

M. Olmert s'est toutefois donné du temps avant de se prononcer définitivement sur l'accord conclu jeudi à La Mecque entre les mouvements Fatah et Hamas sur la formation d'un gouvernement d'union. «Israël ne rejette pas et n'accepte pas cet accord. A ce stade, tout comme la communauté internationale, nous l'étudions en détails», a-t-il affirmé.

Selon des propos rapportés par la radio militaire, le premier ministre a toutefois prévenu qu'Israël romprait tout contact avec le président palestinien Mahmoud Abbas, chef du Fatah et partisan d'un règlement négocié du conflit, si le prochain gouvernement n'acceptait pas l'application des conditions du Quartette.

La porte-parole du gouvernement, Miri Eisin, s'est toutefois montrée très prudente. «Il n'y a même pas encore les grandes lignes de bases du gouvernement (palestinien). Nous ne savons pas de quoi il retournera. (M. Olmert) n'est pas allé plus loin que cela», a-t- elle dit.

Ouvrir la voie à la paix

MM. Olmert et Abbas doivent se rencontrer, sous l'égide de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le 19 février, deux jours avant une réunion du Quartette à Berlin. Ce sommet «ouvrira la voie au début du processus de paix final» au Proche-Orient, a déclaré M. Abbas au Caire, après une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak.

«Nous nous étions mis d'accord auparavant avec Mme Rice sur le fait qu'il fallait s'approcher d'une solution finale et entamer des négociations sur la question des frontières, des colonies, des réfugiés et de l'Etat», a-t-il dit à la presse. «Nous déterminerons un calendrier d'application au début des négociations», a-t-il poursuivi.

Le président palestinien a par ailleurs annoncé que l'actuel premier ministre Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, serait chargé officiellement le 15 février de former le futur gouvernement d'union.

Refus du Hamas

Un proche conseiller de M. Haniyeh a toutefois réaffirmé samedi que l'accord de La Mecque ne valait pas une reconnaissance de l'Etat hébreu. Le texte ne mentionne pas explicitement Israël, mais évoque le respect des accords passés entre Israël et l'OLP.

«L'accord de La Mecque ne comprend rien qui fasse référence à la reconnaissance d'Israël mais est un accord pour normaliser les relations interpalestiniennes», a estimé Ahmed Youssef. «Nous respecterons les accords qui ont été signés avec Israël, qui ne les applique de son côté pas beaucoup», a-t-il ajouté.

Arrestations

Par ailleurs, la police israélienne a dispersé dimanche une manifestation contre les travaux controversés entrepris par l'Etat hébreu près de l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Elle avait déployé 2000 hommes dans et autour de la vieille ville de Jérusalem pour éviter de nouveaux désordres.

Quatre personnes ont été interpellées dimanche. Vendredi, vingt Palestiniens et quinze policiers israéliens avaient été blessés dans des heurts sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam.

Israël a commencé mardi des fouilles archéologiques avant la pose de poutres de soutènement pour une rampe, actuellement endommagée, menant à l'Esplanade. Mais selon l'Office des biens religieux musulmans, ces travaux menacent les fondations de l'esplanade.

(ats)

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