Actualisé 13.10.2012 à 13:31

Ministère public GenèveProcureurs surchargés: leur patron alerte

Le procureur général de Genève a tiré la sonnette d'alarme samedi concernant la surcharge de travail de ses collègues. Il remet en cause le nouveau Code de procédure pénale.

Le procureur général genevois Olivier Jornot tire la sonnette d'alarme: les procureurs du canton croulent sous les procédures. En cause, l'introduction du nouveau Code de procédure pénale, qui les empêche de «classer en opportunité» les affaires de peu d'importance.

«Nous avons, par exemple, énormément de conflits de voisinage. On se prend de bec devant le local à poubelles et ça dégénère. On porte plainte. Autre cas, l'automobiliste qui ouvre sa fenêtre et qui azore le cycliste. L'affaire aboutit en justice», illustre M. Jornot dans un entretien paru samedi dans la «Tribune de Genève».

Le procureur général explique qu'auparavant, ces petites procédures pouvaient être «classées en opportunité». «Il suffisait d'un coup de tampon», relève M. Jornot. «Avec la nouvelle procédure pénale, nous sommes passés de l'opportunité à la légalité de la poursuite», ajoute-t-il. Toutes les affaires doivent désormais être instruites, même s'il s'agit d'une broutille.

Olivier Jornot explique que plusieurs procureurs ont eu des alertes de santé. Il les impute à la surcharge de travail liée à la création du nouveau Ministère public en 2011. «Nous sommes depuis lors 36 procureurs pour traiter 16'000 dossiers par an: c'est insuffisant et c'est pour cela que j'ai alerté le Conseil d'Etat et le Grand Conseil», souligne le procureur général. (ats)

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