Genève: Professionnels du graffiti pour embellir les chantiers
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GenèveProfessionnels du graffiti pour embellir les chantiers

Un conseiller municipal de la Ville de Genève souhaite mettre en valeur le travail d'artistes de rue. Les autorités n'y sont pas opposées.

par
Julien Culet

En finir avec les bâches de chantier, unies et taguées illégalement à la va-vite. C'est l'idée d'un conseiller municipal de Genève. Pierre Gauthier a déposé fin janvier une motion invitant l'Exécutif de la Ville à prendre contact avec des graffeurs pour mettre à disposition ces espaces éphémères. «Ces bâches pourraient devenir un espace d'expression culturelle, estime l'élu d'Ensemble à Gauche. Ce serait donc bien d'offrir à ces artistes des espaces sur lesquels ils pourraient pratiquer en toute légalité et en toute sécurité.» Il imagine qu'une exposition pourrait ensuite avoir lieu, une fois les chantiers terminés.

Pierre Gauthier prend comme exemple le Grand Théâtre, qui sera en rénovation pour deux ans et demi. «L'idée serait de prendre en compte l'histoire du lieu et du quartier», poursuit le conseiller municipal dont la proposition pourrait être examinée mardi, au cours de la prochaine session.

Le conseiller administratif chargé des constructions ne se dit «pas opposé» à l'idée de valoriser les graffeurs lors de travaux en ville de Genève. «Il faudra voir ce qui ressortira des débats», poursuit Rémy Pagani. Mais ce dernier indique que le cas Grand Théâtre a déjà été tranché. «Il a été demandé à des enfants de faire des dessins après avoir visité le bâtiment, explique le magistrat d'Ensemble à Gauche. Les institutrices en ont retenu quelques uns, qui seront imprimés sur les bâches, qui doivent être installées ces prochains jours.»

«Part d'une bonne intention»

Du côté des graffeurs professionnels, on salue l'idée du conseiller municipal tout en émettant quelques doutes, notamment sur la sélection des artistes et les consignes. «C'est plutôt une bonne chose. Ce serait plus plaisant que des palissades unies, indique Baro. Il faut par contre voir quelle liberté est laissée.»

Serval, qui effectue régulièrement des mandats pour la Ville de Genève, estime que «cela part d'une bonne intention» mais attend d'en voir les modalités. «Et si on veut donner un cadre précis à des professionnels, cela implique de les rémunérer», prévient-t-il. Un autre graffeur espère qu'une «part d'anonymat sera conservée», si le texte passe. «Il y a beaucoup de talents à Genève mais peu sont officialisés auprès de la Ville. On voit donc toujours les mêmes», regrette-t-il.

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