Projet Pegasus: le Canard et Mediapart déposent plainte
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EspionnageProjet Pegasus: Mediapart et le Canard Enchaîné portent plainte

Les réactions fusent après la publication d’une enquête montrant que des journalistes français ont été espionnés par un logiciel israélien.

La société israélienne NSO a développé le logiciel Pegasus qui a permis au gouvernement marocain d’espionner des journalistes français.

La société israélienne NSO a développé le logiciel Pegasus qui a permis au gouvernement marocain d’espionner des journalistes français.

AFP

Le site d’information français «Mediapart» et l’hebdomadaire satirique «Le Canard Enchaîné» ont annoncé lundi qu’ils allaient déposer des plaintes à Paris, après des informations indiquant que les téléphones de certains de leurs journalistes ont été espionnés par un service marocain, à l’aide du logiciel israélien Pegasus. «Les numéros des téléphones portables de Lénaïg Bredoux et d’Edwy Plenel (cofondateur du site) figurent parmi les dix mille que les services secrets du Maroc ont ciblé en utilisant le logiciel espion fourni par la société israélienne NSO», a confirmé «Mediapart» dans un article publié lundi, après la publication de ces révélations dans plusieurs médias (dont «Le Monde», le «Guardian» et le «Washington Post»).

«Pendant plusieurs mois, l’appareil répressif du royaume chérifien a ainsi violé l’intimité privée de deux journalistes, porté atteinte au métier d’informer et à la liberté de la presse, volé et exploité des données personnelles et professionnelles. Aucun autre téléphone d’un membre de l’équipe de “Mediapart” n’a été espionné», a précisé le journal en ligne.

Dans son article, le média d’investigation explique que le but était d’essayer de «faire taire les journalistes indépendants au Maroc, en cherchant à savoir comment nous enquêtions dans ce domaine». C’est pourquoi il indique avoir décidé de déposer plainte dès ce lundi au nom de ses deux journalistes, auprès du procureur de la République à Paris, pour que la justice puisse «mener une enquête indépendante sur cet espionnage d’ampleur organisé en France par le Maroc».

«Le Canard Enchaîné», qui fait partie selon «Le Monde» des médias français dont des journalistes ont été visés, a également assuré qu’il allait saisir la justice. «Nous allons porter plainte contre X avec constitution de partie civile», a précisé Michel Gaillard, qui préside la société d’édition du journal, ajoutant que le dossier de cette plainte était en cours de constitution.

Des «faits extrêmement choquants»

Le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a dénoncé lundi des «faits extrêmement choquants» après les révélations dimanche par plusieurs médias sur l’espionnage d’une trentaine de journalistes et de patrons de médias français par les services de renseignement marocains. «Nous sommes extrêmement attachés à la liberté de la presse, donc c’est très grave d’avoir des manipulations, des techniques qui visent à nuire à la liberté des journalistes, leur liberté d’enquêter, d’informer», a-t-il ajouté. «Il va y avoir évidemment des enquêtes, des éclaircissements qui vont être demandés», a poursuivi M. Attal, sans en préciser les modalités. Les journalistes à l’origine de l’enquête, a-t-il ajouté, «insistent sur le fait que l’Etat français n’est pas partie prenante de ce logiciel. Nos techniques de renseignement en France sont évidemment autorisées par la loi, elles sont respectueuses des libertés individuelles et notamment de la liberté de la presse», a-t-il rappelé, déclarant que le gouvernement «ne regardait pas ce sujet à la légère».

L’affaire Pegasus est «complètement inacceptable» si elle est avérée, a affirmé lundi de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. «Cela doit être vérifié», mais si c’est vrai «c’est complètement inacceptable» a déclaré la responsable à des journalistes à Prague.

(AFP)

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