Allemagne: Projets d'incendies de foyers de réfugiés déjoués
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AllemagneProjets d'incendies de foyers de réfugiés déjoués

Une dizaine de personnes ont été interpellées pour avoir tenté de bouter le feu à des centres de migrants, en Allemagne.

Une doctoresse examine des migrants dans un centre de Bamberg, en Allemagne, jeudi.

Une doctoresse examine des migrants dans un centre de Bamberg, en Allemagne, jeudi.

Au total, treize personnes - onze hommes et deux femmes âgées de 21 à 36 ans - ont été interpellées mercredi à Bamberg (Sud) lors d'une vaste opération de la police, qui surveillait le groupe.

Tous sont soupçonnés d'appartenir «à un groupuscule criminel» et d'être membres «de la mouvance d'extrême droite», a indiqué lors d'une conférence de presse Erik Ohlenschlager, du Parquet général de Bamberg (sud).

Ils planifiaient «des attaques contre deux foyers de demandeurs d'asile» de Bamberg avec l'objectif de les incendier à l'aide de substances incendiaires «très dangereuses», a-t-il ajouté.

Actes prévus le 31 octobre

Par ailleurs, le groupe voulait «saccager» un local de la ville fréquenté par des militants d'extrême gauche et s'en prendre à leurs occupants, selon la police. Ces actes devaient être perpétrés en marge d'une manifestation d'extrême droite prévue dans la ville devant un foyer de réfugiés le 31 octobre.

Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a estimé pour sa part «que de nouveaux actes délictueux ou des attentats ont pu être évités» grâce à cette action de la police, lors d'une visite d'un centre pour migrants de la ville.

Feux d'artifice achetés

Les extrémistes de droite interpellés avaient notamment acquis en Pologne des quantités importantes de matériels pour feux d'artifice contenant des matières explosives «extrêmement dangereuses», selon la police locale. Une arme à feu a aussi été saisie lors d'une perquisition.

Cette affaire vient donner des arguments au gouvernement allemand qui a mis en garde ces derniers jours contre le risque croissant d'actes de violences contre les migrants qui affluent par centaines de milliers dans le pays et suscitent le mécontentement d'une partie croissante de l'opinion allemande.

Il s'est notamment inquiété de la radicalisation du mouvement islamophobe et populiste Pegida, objet de diverses enquêtes policières pour incitation à la haine.

Mise en garde

La police judiciaire allemande (BKA) a pour sa part mis en garde jeudi contre le risque d'actes violents à l'égard de responsables politiques considérés par l'extrême droite comme responsables de l'arrivée des migrants.

«L'agitation contre les responsables présumés (de l'afflux de migrants dans le pays), comme les responsables politiques ou les gérants de lieux d'hébergement, pourrait gagner en importance», a souligné une porte-parole du BKA.

Responsable poignardée

Samedi, une responsable de la ville de Cologne pour les réfugiés et candidate au poste de maire de la ville a été grièvement blessée d'un coup de couteau porté par un homme proche de l'extrême droite. Hospitalisée, Henriette Reker a néanmoins été élue dimanche.

Le nombre de délits à l'encontre des foyers de réfugiés a fortement augmenté cette année en Allemagne avec 285 cas au seul troisième trimestre. Le BKA en recense au total 576 depuis le début de l'année, citant des cas de «dégradation de matériel», de «délit de propagande» et d'«incitation à la haine». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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