Autoroutes vaudoises: Projets démesurés ou amélioration nécessaire?
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Autoroutes vaudoisesProjets démesurés ou amélioration nécessaire?

Trois nouvelles jonctions autoroutières et l'élargissement du tronçon de Crissier, le tout pour 1,5 milliard de francs. Pour ou contre, le débat est ouvert.

par
Xavier Fernandez

Vendredi, l'Association transports et environnement (ATE) a annoncé s'être opposée à deux projets autoroutiers de l'agglomération Lausanne-Morges. Le premier prévoit la construction d'une jonction supplémentaire à la Blécherette. Le second, estimé à 1,2 milliard de francs, comprend deux nouvelles jonctions à Ecublens et Chavannes, l'extension de celle de Malley et l'élargissement du goulet d'étranglement de Crissier.

Si pour les nombreux automobilistes qui se retrouvent coincés chaque jour dans les bouchons ces améliorations sont attendues telle l'arrivée du Messie, l'ATE les juge quant à elle pharaoniques. D'ailleurs, son président David Raedler les qualifie même de fausse bonne idée. «Ces énormes projets entraîneront une augmentation du trafic motorisé, dans et autour de Lausanne, alors que les villes sont déjà saturées. Cela reviendrait donc à déplacer le problème. La seule véritable solution, viable à long terme, est d'améliorer les offres de transports publics et de mobilité douce, de façon à réduire le nombre de véhicules sur les routes», estime-t-il.

Saturation des axes secondaires

Du côté de l'Office fédéral des routes (OFROU), qui est à l'origine de ces projets, l'analyse est toutefois très différente. «Aujourd'hui, on observe que lorsque des bouchons se forment, beaucoup de voitures sortent de l'autoroute et empruntent des routes qui traversent les villes et villages. Notre objectif est donc de les garder le plus longtemps possible sur l'autoroute, précisément pour éviter une saturation des axes secondaires», explique Olivier Floc'hic, porte-parole. «De plus, la situation est déjà critique à l'heure actuelle et, si l'on tient compte de la croissance démographique et économique du canton de Vaud, elle ne peut qu'empirer. Nous sommes donc dans l'obligation de proposer des solutions», poursuit le porte-parole de l'OFROU.

Néanmoins, l'ATE souligne que, en se basant sur les expériences passées, on constate que l'augmentation de la capacité d'absorption des autoroutes conduit toujours à des congestions encore plus fortes, ainsi qu'à une augmentation de la pollution de l'air, du bruit et du nombre d'accidents. «Tel a été par exemple le cas avec l'élargissement autoroutier de Zurich, la troisième voie entre Villars-Sainte-Croix et Vennes ou encore l'ouverture de la bande d'arrêt d'urgence (BAU) entre Ecublens et Morges», avance David Raedler.

Bilans positifs

Et Olivier Floc'hic de répondre: «Je ne suis pas d'accord. Si on prend l'exemple de la BAU, tous les bilans sont extrêmement positifs. Le trafic a été fluidifié, la vitesse moyenne a été abaissée et, puisqu'il y a moins de bouchons, la qualité de l'air s'est améliorée. Même le nombre d'accidents a diminué! Cette solution est d'ailleurs si convaincante que nous avons reçu le mandat d'étudier la possibilité de l'appliquer sur d'autres tronçons, notamment entre Villars-Sainte-Croix et Cossonay.»

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