Actualisé 19.10.2017 à 11:24

ValaisProstituée flouée, puis désavouée par la justice

Un individu avait fait subir une pénétration anale non consentie à une jeune femme et était parti sans payer. Il a été blanchi.

von
Christian Humbert
La jeune femme n'a pas obtenu gain de cause: la procureure n'a reconnu ni l'escroquerie, ni la contrainte ou l'acte sexuel sur une personne incapable de discernement.

La jeune femme n'a pas obtenu gain de cause: la procureure n'a reconnu ni l'escroquerie, ni la contrainte ou l'acte sexuel sur une personne incapable de discernement.

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Aux yeux du Ministère public valaisan, la relation entre une travailleuse du sexe et un client tient du contrat. «Nous n'avons pas à le vérifier. C'est un accord, identique à celui passé entre l'acheteur et le vendeur d'une voiture. Si elle voulait être payée, elle aurait dû encaisser avant la prestation», a commenté la procureure Catherine Seppey. Celle-ci a libéré de toute peine un Kosovar de 24 ans, accusé de contrainte sexuelle par une prostituée du Valais central.

Les faits remontent à 2016. Les deux protagonistes ont d'abord partagé du cannabis. Il y a eu ensuite un rapport sexuel et deux fellations avant le dérapage tel que raconté par la prostituée: son client lui a imposé une pénétration anale, sans préservatif, malgré son refus: «Je me suis débattue. Je lui ai dit d'arrêter, car j'avais mal.» Mais l'homme a continué. Pour couronner le tout, il n'a jamais payé les 200 fr. convenus. «Il m'avait promis de m'amener de l'héroïne», a dit la jeune femme.

Ses frais d'avocat remboursés

«Nous ignorons quels étaient les termes du contrat. Il n'y a pas d'escroquerie, faute d'astuce, a conclu la procureure. Cela s'est passé sans témoin, à huis clos. La femme ne présentait pas de lésion de défense.» La prostituée avait dit travailler sous amphétamines, mais les analyses ont démenti. La contrainte et l'acte sexuel sur une personne incapable de discernement n'ont pas été retenus.

Le prévenu a été blanchi. Qui plus est, il touchera 1450 fr. pour ses frais d'avocat. Il a quand même écopé de 300 fr. d'amende pour consommation de cannabis.

«Elle n'a pas dit qu'elle voulait arrêter»

Si la travailleuse du sexe a dit avoir refusé une relation anale, son client a livré une version des faits différente devant la justice. Il a ainsi affirmé qu'il s'agissait ce soir-là de «relations non protégées consenties». Le jeune homme a tout de même reconnu que la prostituée avait dit qu'elle ne «voulait pas de la sodomie». Mais il s'est empressé d'ajouter qu'elle «ne s'est pas débattue. Elle n'a pas dit qu'elle avait mal et qu'elle voulait arrêter.» Et le jeune Kosovar de conclure: «Elle m'accuse parce que je ne l'ai pas payée.»

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