Prostitution USA: La «Madame Claude» de Washington fait frémir la capitale
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Prostitution USA: La «Madame Claude» de Washington fait frémir la capitale

WASHINGTON - Accusée d'avoir organisé un réseau de prostitution, elle a fourni à ABC une liste de numéros de téléphone de ses clients.

Un entretien qu'elle a accordé à la chaîne de télévision a été diffusé vendredi soir.

Dans des extraits de l'émission diffusés à l'avance, Deborah Jeane Palfrey qui se défend de l'accusation de prostitution, parle par le menu des jeunes et moins jeunes femmes qu'elle fournissait à ses clients.

«J'engageais des femmes qui avaient la cinquantaine passée (...). Elles étaient parmi celles qui avaient le plus de succès», affirme Jeane Palfrey, elle-même 50 ans, qui a tenu un réseau de call-girls pendant 13 ans dans la région de Washington.

«Accompagnatrices»

Selon elle, ces «accompagnatrices» n'étaient pas censées avoir des relations sexuelles avec leurs clients - mais les autorités l'accusent au contraire d'avoir frauduleusement gagné de l'argent en organisant ce réseau de prostitution.

Elle décrit son réseau comme «une firme de fantasmes haut de gamme pour adultes, qui offrait services érotiques et sexuels en toute légalité».

Les femmes qui travaillaient pour elle, affirme-t-elle, étaient d'accord pour ne pas «avoir d'activités sexuelles illégales avec les clients». Les autorités assurent en revanche que les jeunes femmes embauchées pour la première fois devaient avoir une relation sexuelle avec certains clients connus de Jeane Palfrey. Ils servaient d'»évaluateurs» pour déterminer si elles faisaient l'affaire, selon l'accusation.

Numéros de téléphone

Deborah Jeane Palfrey a offert à la chaîne ABC l'exclusivité d'une liste de numéros de téléphone, lui laissant le soin d'en identifier les propriétaires. Elle compte, devant la Justice, faire appeler des témoins pour éviter sa condamnation à une peine de prison.

Cette identification fait frémir à Washington, du côté des clients - le patron de l'Agence américaine de l'aide internationale au développement (USAID) a déjà démissionné après avoir été contacté sur cette affaire par ABC - comme du côté des «escortes de charme»: une assistante d'un cabinet d'avocats renommé vient d'être sommée de prendre un congé sabbatique.

Dans l'entretien, Jeane Palfrey explique que pour son réseau baptisé «Pamela Martin and Associates», elle recrutait, par petites annonces dans des journaux parfois universitaires, des femmes pour travailler à temps partiel. Certaines de ses annonces sont passées dans le journal de l'Université du Maryland.

«J'ai eu des femmes qui menaient par ailleurs des carrières professionnelles ou bien des étudiantes diplômées», indique-t-elle, affirmant qu'elle a ainsi, pour ces rendez-vous du soir, embauché une professeur d'université, une femme chercheur en médecine, une femme officier de Marine, ou encore une agent immobilière.

Jolie petite affaire

Ces femmes avaient besoin de travailler pour payer des dettes, assure-t-elle. Elles utilisaient des noms de scène tels «Miss Julia» ou «Miss Angela».

Deborah Jeane Palfrey précise qu'elle remplissait «religieusement» les formulaires du fisc que ce soit pour sa propre activité d'entremetteuse, ou celle de ses employées.

«J'avais une jolie petite affaire (...). Je crois que j'ai donné du pouvoir aux femmes, et que grâce à moi, certaines ont pu finir leurs études», ajoute Jeane Palfrey qui habite en Californie depuis qu'elle a cessé son activité en août 2006.

Sa demeure en Californie a été saisie par les autorités en octobre et l'accusée, qui n'a plus de fortune, entend vendre des interviews radiophoniques aux enchères sur eBay.

(ats)

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